malise
18 juin 2012
Son Père, son Héros!

Hier, Loulou ramassait des fleurs dans le jardin… Pour moi…
Il venait me les apporter, tout fier de ses pissenlits (mais si c’est joli les pissenlits, et puis on lui a interdit de prendre les roses, alors pour une fois qu’il fait ce qu’on lui dit, hein, on va pas rechigner!).

A un moment, je lui dit :
– « Tu sais mon Loulou, tu devrais en apporter à Papa, ça lui ferait très plaisir. Tu vas le voir, tu lui donnes les fleurs, et tu lui dit « Bonne Fête Papa! ». Parce qu’aujourd’hui, c’est la fête de tous les Papas … »

Alors mon Loulou se met à crier tout en me tendant les fleurs :
– « BONNE FÊTE PAPA! »
– « Non Loulou, pas à moi, à Papa »

Il s’est retourné, et est parti en courant vers lui, en criant « BONNE FÊTE MON PAPA CHERIIII !!! ».

Loulou et son Père, c’est une vraie histoire d’Amour. Quand je les regarde avec mes yeux d’adulte, de Maman, je ne pensais pas qu’une relation entre un Père et son Fils puisse être aussi forte.

Les choses n’ont pas toujours été ainsi. Je crois qu’elles ont commencé à changer avec ma 2ème grossesse, qui a débuté alors que Loulou avait à peine 16 mois.

Jusque là, même si mon Amoureux avait toujours été un Papa très présent, c’était essentiellement moi qui m’occupait de notre petit bout. En tout cas, c’était moi qu’il réclamait quand quelque chose n’allait pas, ou quand il se réveillait.

J’ai été tellement malade et fatiguée le 1er trimestre que je n’étais bonne à rien. Comme je restais couchée la plupart du temps, Père et Fils ont commencé à passer beaucoup de temps ensemble.

Par la suite, j’ai essayé d’être là comme avant, afin que Loulou ne « subisse » pas d’avantage cette grossesse, qui allait quand même changer beaucoup de choses dans sa vie. J’ai continué à le porter aussi souvent qu’il le souhaitait, même en montant les escaliers, à le poser dans son lit à barreaux, à jouer avec lui… Jusqu’à ce que mon ventre ne me le permette plus.

De toute manière, à ce moment là déjà, ce n’était plus moi qu’il appelait la nuit…

Lorsque je suis restée à la maternité avec sa toute petite soeur, il est resté seul avec son Papa. Quand il venait me voir, il n’avait pas l’air d’avoir très envie de me retrouver, il était plus pressé de partir. Et à notre retour, me voyant bien occupée par cette petite chose qui poussait des cris mais ne servait à rien, il ne me demandait plus rien…

Son Papa était devenu le centre de son univers, son unique référence.

Et, malgré nous, les choses se sont installées ainsi. Chacun son enfant. Papa qui s’occupait de Loulou, Maman qui s’occupait de Loulette…

Il faut dire, avouons le quand même, que mon Amoureux et moi n’avons pas du tout la même manière de réagir. Il est très rare qu’il perde son sang froid, très rare également qu’il hausse le ton, là où moi je pars au quart de tour. Il sait calmer les choses en dialoguant, en négociant. Moi je discute un peu, j’essaie de comprendre, mais la moutarde me monte très vite au nez.

Et Loulou le sait très bien.

Quand il se réveillait la nuit, c’est son Père qu’il appelait. Pour prendre le bain, pas de crise si c’était Papa qui s’en occupait. Pour les repas, il voulait que Papa le fasse manger. Quand il se faisait mal, si Papa était dans les parages, je ne pouvais pas m’approcher. Le soir, il ne voulait pas me faire de câlin, et refusait que ce soit moi qui monte le coucher…

Bon, il y avait bien entendu une contrepartie à tout cela : la plupart du temps, Loulou, qui était une vraie crème en l’absence de son Père, se transformait en petit tyran domestique dès que celui-ci franchissait le pas de la porte. Dès qu’il arrivait, il devait ne s’occuper que de Loulou, ne pas nous parler. Les couchers duraient des heures, avec des dizaines de rappels pour des câlins, encore, encore… Mais avec moi, jamais!

Il a fallu quelques mois pour que nous trouvions tous notre place. Il a fallu que Loulette accepte d’autres bras que les miens, pour que son Père puisse la changer et la coucher sans qu’elle ne se mette à hurler. Il a fallu que Loulette mange en même temps que son frère, et donc, il faut bien le dire, qu’elle ne soit plus allaitée, pour qu’il veuille bien que je m’occupe de lui pendant les repas. Il a fallu que je me sente plus disponible pour lui, que je sois moins à fleur de peau…

Mais il n’en reste pas moins que seul son Papa trouve grâce à ses yeux, même encore aujourd’hui. Je le couche un soir sur deux, et à chaque fois que c’est mon tour, il dit qu’il ne veut pas. Il dit qu’il n’aime pas quand c’est moi qui le couche… D’ailleurs, il demande plusieurs fois dans la soirée qui va le coucher le soir, et n’est content que lorsqu’on lui dit que c’est son Père. Il ne refuse plus de me faire un câlin avant, mais je dois souvent ruser et le faire sous couvert d’un jeu. Avec son Père, le câlin s’éternise.

Le soir, souvent, il dit :
– « Moi j’aime Papa »
– « Et moi Loulou, est-ce que tu m’aimes ? »
– « Oui, mais moi j’aime Papa! »

C’est lui qu’il continue d’appeler le soir, ou la nuit. Et si c’est moi qui vais le voir, il hurle en réclamant son Père. C’est avec lui qu’il veut aller se promener, ou à la piscine. S’il n’est pas là, il le réclame toutes les 2 minutes, monte la garde devant la fenêtre pour ne pas rater sa voiture, et se précipite vers lui quand il le voit arriver.

Je mentirais si je vous disais que j’ai accepté facilement de passer au second plan. J’ai eu beaucoup de peine en me sentant rejetée.

Mais maintenant, quand je vois la façon dont il regarde son Père. Quand je vois son bonheur quand il a le droit de l’aider à jardiner ou à bricoler. Quand je vois comme il le sert fort et comme il l’admire. Quand il dit que plus tard il voudra être comme Papa. Et quand je vois à quel point tout cet amour est réciproque…

Je me dis que finalement, les choses sont comme elle devaient être.

Et puis, au moins, ce n’est pas moi qui me lève la nuit !!!

Père et fils

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Article publié dans : « Loulou des bois »

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