malise
10 juillet 2012
Me souvenir de la naissance expresse de ma fille

Il y a tout juste 1 an, je devenais Maman-bis. Alors, à cette occasion, je ne vais pas vous faire un petit bilan de l’évolution de ma Loulette, je vous en parle suffisamment souvent, mais je vais vous parler de sa naissance…

Il y a quelques mois, j’avais raconté l’arrivée de mon fils, qui s’était faite tout en douceur. Pour ma fille, il faut bien le dire, ça a été une toute autre chose!

Alors voilà, je me lance aujourd’hui dans le récit de sa naissance… pour le moins fracassante!

Je veux juste vous prévenir, parce que je vais raconter les choses telles qu’elles ont été : si vous ne voulez pas savoir ce que peut être un accouchement sans péridurale, passez votre chemin!

Ma deuxième grossesse a été assez semblable à la première, tout étant plus sereine, il me semble.

Elle a débuté avec les mêmes symptômes, des nausées insupportables qui ont duré 3 mois, et m’ont permis d’afficher 3 kilos en moins au compteur tellement il m’était impossible d’avaler quoi que ce soit. Puis une fois cette période passée, je me suis laissée vivre, sans vraiment faire attention, mais en essayant de profiter à fond.

Je ne sais pas si je l’ai déjà raconté, mais j’avais été hospitalisée lors de ma première grossesse, pour cause de MAP, mon utérus très contractile n’aimant pas trop la vie que je lui faisais mener à l’époque (nombreux déplacements professionnels, peu de sommeil).

Ne voulant pas réitérer ce risque pour cette deuxième grossesse, j’ai sans surprise été arrêtée au 7ème mois, sans obligation de rester alitée. De toute manière, avec un enfant de 22 mois à gérer, ça aurait été un peu utopique!
Je sais que ce n’est pas bien de dire ça, mais je suis persuadée que c’est grâce à ça que ma grossesse c’est si bien passée… Pas de trajets à faire, pas de stress lié au boulot. J’étais complètement disponible, pour ce bébé qui poussait dans mon ventre, et pour mon fils, qui n’avait pas à subir une Maman angoissée et fatiguée…

Ma première expérience ne m’ayant pas plus que ça convaincue de l’intérêt de l’haptonomie au moment de l’accouchement, j’ai eu envie de faire autre chose en guise de préparation, et me suis laissée tentée par les séances d’aquagym. Et qu’est-ce que j’ai eu raison, surtout sur la fin de la grossesse. C’est incroyable cette sensation de légèreté que procure l’eau! Par contre, quand on en sort, on a juste l’impression de peser 10 tonnes. Toutes placées dans le ventre. Pas facile, hein, l’échelle avec ce poids là!

Puis, vers la fin, comme je me suis dit que ce serait pas mal d’assister à une « vraie » séance de préparation à l’accouchement, nous sommes allés mon Amoureux et moi nous entraîner en compagnie de quelques autres baleines futures Mamans. Mon Amoureux était le seul homme présent… Vous imaginez sa joie d’être le centre de l’attention
lorsqu’on lui a demandé de raconter la naissance de son fils! Il avait pourtant bien essayé de se planquer derrière moi…

Je n’étais pas du tout stressée à l’idée d’accoucher. La première fois s’était tellement bien passée, il n’y avait pas de raison pour que les choses se passent différemment!

Le terme était prévu pour le 14 juillet, et début juin mon obstétricienne avait commencé à me préparer à un accouchement un peu plus tôt que prévu, vu mes nombreuses contractions. Loulou étant né avec 15 jours d’avance, je me suis dit que ce serait certainement pareil…

Mais non! Début juillet, bébée ne s’était toujours pas décidée à venir, et je commençais à trouver le temps looonnnngggggg… Il faisait chaud, j’avais du mal à me déplacer, je ne pouvais plus porter mon fils, ni conduire. Et en même temps, je n’avais pas envie que cela arrive, j’avais envie de profiter encore de cette grossesse, de sentir encore un peu mon bébé bouger en moi, avant de l’avoir dans mes bras.

Le 08 juillet, nous avions laissé Loulou à mes beaux-parents pour une nuit, afin de pouvoir nous reposer un peu (faire une dernière grasse mat’, quoi!). Le lendemain, au moment de rentrer chez nous après être allés le récupérer, je demande à ma Belle-Mère si cela ne la dérange pas de le garder une nuit de plus…

Il n’y a aucun signe, pourtant, mais quelque chose me dit que c’est mieux de le lui laisser…

Nous rentrons, allons nous coucher, toujours aucun signe…

A 1 heure, une contraction énorme me réveille en sursaut. Elle est très différente de celles que j’avais eues jusque là. Très différente, aussi de celles ressenties pour mon premier accouchement. Elle est forte, appuyée, pousse vers le bas, énormément. Je décide d’aller m’allonger sur le canapé et de voir comment cela va évoluer… D’autres contractions se font ressentir, de façon irrégulières, jamais espacées de moins de 5 minutes. Mais elles sont extrêmement douloureuses, et elles irradient tellement que j’ai l’impression qu’il n’y a pas de répit entre chaque, alors que ce n’est pas du tout le cas. Je somnole, un peu. Je patiente, je ne veux pas aller réveiller mon Amoureux pour rien…

Après un peu plus d’une heure à ce rythme, tout à coup la poche des eaux se rompt. J’ai juste le temps de me redresser pour ne pas inonder le canapé! Puis je monte chercher mon Amoureux, qui met un peu de temps à émerger … Il me demande s’il a le temps de prendre une douche, je lui dit que oui. Moi, je n’ai pas envie d’en prendre une, j’ai trop mal. Ces contractions là, je ne les ai jamais ressenties. Elles serrent le ventre et poussent très très fort vers le bas. Elles sont tellement insupportables. Je ne comprend pas trop ce qui se passe, je sens bien que les choses vont beaucoup plus vite que pour Loulou, mais je ne veux pas le croire … Même quand mon Amoureux me demande s’il doit se dépêcher, je suis complètement dans le déni de ce qui se passe, et lui réponds « non, non, ne t’inquiètes pas, ça va… ».

A 3 heures, nous partons pour la maternité… Je ne me souviens plus du trajet, je ne suis que douleur, je hurle à chaque contraction. Elles sont très rapprochées maintenant, la perte des eaux a déclenché le travail pour de bon…

Nous arrivons vers 3 heures 1/2, et je refuse la chaise roulante qu’on me propose. Je me traîne, m’arrête à chaque pas… L’infirmière me demande si je veux aller aux toilettes, mais je n’y arrive pas, j’ai trop mal!

Il est 4 heures moins 20. Je me couche sur la table d’examen pour que la sage-femme puisse voir où j’en suis. Je me tord dans tous les sens pour essayer de trouver une position confortable, pour essayer d’échapper à la prochaine contraction qui va arriver, inévitablement.
Et la sage-femme me dit : « J’ai une bonne et une mauvaise nouvelle pour vous… La bonne, c’est que votre bébé est là… La mauvaise, c’est que vous n’aurez pas de péridurale, vous êtes dilatée à 10! »

J’ai dit « non, non, je ne veux pas, je veux partir! ». Ça a fait rire tout le monde… Mais pas moi! Si j’avais pu, je me serais vraiment levée de là… Sauf que les contractions me clouaient à cette table. Je perdais mon souffle, j’avais l’impression d’être déchirée tellement elles poussaient fort.

On m’a préparée, très vite. On m’a demandé de pousser, mais la douleur m’empêchait de me concentrer correctement… Je hurlais, parce que j’avais mal, et parce que je ne voulais pas que ça se passe comme ça.

Comme mes poussées étaient inefficaces, alors que j’avais les pieds posés sur la table, la sage-femme les a mis dans les étriers. Ça a provoqué une telle douleur, comme une violente déchirure, que j’ai hurlé de plus belle. Alors elle a posé mes pieds contre ses épaules, et ça s’est calmé. Tandis que mon Amoureux tenait ma main gauche et me caressait les cheveux, une autre sage-femme est venue à ma droite, et a pris ma main dans la sienne. Je l’ai serrée, très fort, j’ai du lui broyer les doigts. Mais au lieu de pousser, je me retenais, comme si la douleur allait mieux partir de cette manière là. Puis l’obstétricien de garde est venu à son tour. Il était très calme, très doux, tandis que la sage-femme criait pour que je l’entende et que je réagisse enfin de façon positive. Elle me disait de pousser, que ça allait me faire du bien, mais je sentais bien que c’était tout le contraire, que la douleur était encore plus insupportable en poussant…

Ça ne faisait que 10 minutes que j’étais là, j’avais l’impression que c’était depuis une éternité. La douleur ne se calmait pas, rien n’y faisait, et je luttais toujours contre elle au lieu de l’accompagner. Impossible de sortir de cette bulle, je n’entendais rien.

Puis, à un moment, quelqu’un m’a dit qu’on voyait ses cheveux… Cette phrase m’a libérée, ça voulait dire que ma fille était là… J’ai poussé une fois, puis deux, et elle est sortie, tout en douceur, sans m’abîmer…

J’ai accouché à 4 heures, 20 minutes après m’être allongée sur la table, seulement 1 heure après avoir perdu les eaux…

Lorsqu’on a voulu me poser ma toute petite fille sur le ventre, je n’ai pas pu… J’avais encore des contractions, très douloureuses, qui ont duré assez longtemps. C’est donc son Papa qui a profité d’elle, jusqu’à ce que les antalgiques fassent leur effet.

Puis, quand tout a été paisible, j’ai enfin pu la prendre avec moi, contre moi. Je l’ai regardée, l’ai respirée. Je l’ai aimée, aussi, alors que j’avais peur de lui en vouloir pour toute cette souffrance…

Aujourd’hui, je me souviens de chaque minute de mon accouchement express.
Je me souviens de son déroulement, des enchaînements de gestes ou de paroles qui ont permis que tout se passe bien, malgré moi…
Je me souviens de mes sentiments, de ma rage, de mon déni, qui ont fait que je l’ai subi plus que que je ne l’ai vécu.

Par contre cette douleur, dont je parle tant, je l’ai oubliée… Il me reste de vagues sensations physiques, en particulier de celle ressentie lorsque la sage-femme m’a relevé les jambes.
Il me reste surtout des regrets. Celui de ne pas avoir su lâcher prise, notamment, ou celui de ne m’être pas préparée à cette éventualité d’accouchement sans péridurale. Je ne savais pas, par exemple, que cela pouvait être encore si douloureux même après que le bébé soit arrivé…

La nature est bien faite. Une fois ces douleurs passées, je n’ai plus rien ressenti. Je me suis très vite réconciliée avec mon corps, qui m’avait trahie. Ma Puce, qui était en hypothermie depuis sa naissance, a passé sa première journée de vie serrée contre lui, à puiser dans sa chaleur, à retrouver à l’extérieur la place qu’elle venait de quitter…

Je ne sais pas si les choses auraient pu être différentes. J’admire les femmes qui, sciemment, décident de se passer de péridurale. Ce qui est certain, c’est qu’elles doivent être bien mieux préparées que moi… En toute honnêteté, j’avoue avoir pris les cours de préparation à l’accouchement à la légère, toute pétrie de certitudes avec ma première expérience… J’ai clairement été stupide!

Au tout début, j’ai eu peur que ma Loulette ait mal vécu sa naissance, ait entendu mes cris, ressenti ma volonté de lutter pour qu’elle ne sorte pas… Je suis alors retournée voir mon haptonome, puis une ostéopathe, qui ont trouvé ma fille calme et parfaitement sereine, un comble quand on me connaît!

Toujours est-il qu’elle est restée comme ça, ma Loulette… Mon bébé zen, qui porte un regard tranquille sur tout ce qui l’entoure, mais qui sait parfois se montrer aussi surprenante et imprévisible que l’a été sa naissance, et toujours aussi pressée de découvrir le monde…

R0011652

Rendez-vous sur Hellocoton !
badge mapage hellocoton 125x25 white

Article publié dans : « Grossesse etc … »

5 réponses à “Me souvenir de la naissance expresse de ma fille”

  1. Emma June dit :

    Tu as été fort courageuse!Félicitations!

    J’avais tellement peur de ne pas avoir de péridurale,mais heureusement, j’ai eu de la chance(rapide mais pas trop)…par contre, à moins de tomber sur une sage-femme ultra compétente (et encore) je
    ne suis pas sûre que les cours de préparation te servent vraiment une fois dans l’action (surtout si ne pas avoir la péridurale n’est pas un choix délibéré).

  2. lili dit :

    premier avec peri, super, deuz sans peri, et j’ai hurlé de douleur, je n’en pouvais plus, je demandais la peri, mais impossible de me la remettre. Bref! pourtant aussi, mon deuz est hyper zen, à
    croire que plus tu es stressée pendant l’accouchement, et plus le bébé est zen

  3. A la mère si dit :

    ooooh, tu as écrit ça le jour de la naissance de Plumeau. Bon elle était violente l’arrive de loulette mais tellement rapide. Moi, je ne réussis toujours pas à raconter l’arrivée desastreuse de plumeau, ces 17 heures de travail intense qui se terminent en césa d’extrême urgence catastrophique. Le tout, soldé par une septicémie une semaine plus tard, bref… Un jour, je pourrais en parler plus en détails… et le plus fou c’est que si je n’ai pas de 3ème ce n’est pas à cause de l’accouchement (je ferai tout pour être mieux prise en charge et que la césa soit prévue cette fois-ci)

    • malise dit :

      Oh c’est vrai? Le même jour? C’est drôle ça comme coïncidence …

      Oui c’est vrai qu’elle a été rapide, je ne sais pas non plus comment j’aurais géré un travail aussi long que le tien! Comme toi je pense aussi qu’on apprend de nos expériences. Toi tu ferais en sorte de prévoir une césarienne, moi je me préparerais correctement à l’éventualité d’un accouchement sans péridurale … Mais bon de toute manière ce n’est pas du tout du tout du tout à l’ordre du jour … 😉

      PS : si un jour tu as le courage/l’envie d’en parler, fais-le. Je suis sûre que ça te fera du bien. Et tu vois en relisant mon récit hier, je me suis rendue compte qu’aujourd’hui je ne serais plus capable de raconter tout cela de la même manière, et je suis très contente de l’avoir fait malgré tout. Bisous.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *