malise
23 juillet 2012
Les angoisses de la grossesse : pourquoi nous en rajouter ?

Ce billet, je l’ai depuis longtemps dans mes brouillons, grande page blanche avec le titre déjà tout trouvé. Voilà 10 fois que je le commence, et 10 fois que j’efface ce que j’ai écrit. Parce qu’il me tient vraiment à coeur mais que je n’arrive pas à trouver les bons mots. Parce que je ne veux pas que l’on se méprenne sur ce que je souhaite exprimer.

Chacune vit sa grossesse de façon différente, c’est un lieu commun que de le dire. Tout dépend de notre tempérament, de notre vécu, de notre ressenti, mais aussi bien entendu de la façon dont la grossesse elle-même se déroule. Il y a celles pendant lesquelles tout roule et la future Maman est épanouie et en profite, et celles pendant lesquelles tout roule mais la future Maman déteste son état. Il y a celles qui sont un peu compliquées mais la future Maman gère sans problème, et celles qui sont un peu compliquées mais la future Maman panique complètement et ne gère plus rien. Et puis il y a celles qui sont très compliquées, mais c’est là une chose complètement à part dont je ne peux pas parler…

Dans tous ces cas de figure bien différents, je crois qu’il y a pourtant un point commun : celui des peurs que l’on peut ressentir pour notre bébé. Que l’on soit angoissée ou non, je pense que nous nous posons toutes des questions à propos de la façon dont notre bébé pousse dans notre ventre.
Est-ce qu’il grossit bien ? Est-ce qu’il a tout ce qu’il faut là où il faut ? Est-ce que je me repose assez ? Est-ce que je peux caresser mon chat, jardiner, manger du poisson, du fromage ou de la salade sans risques pour lui ?

La liste des questions peut être infinie… Et je ne parle même pas de celles qui concernent l’accouchement, elles pourraient faire l’objet d’un billet à part entière.

Pour nous aider, répondre à nos interrogations, et nous conseiller, il y a les copines, les livres, les professionnels de la santé, doctissimo… Ce qui convient à chacune, en somme, pour être rassurée.

Mais parfois, il peut se produire certains évènements qui viennent faire basculer notre sérénité difficilement acquise et déjà fort fragile.

Cela m’est arrivé au cours de mes 2 grossesses. C’est arrivé aussi certaines futures Mamans de mon entourage. Et c’est de cela dont je veux vous parler.

L’année 2008 a été une année bien chargée pour moi : en l’espace de 3 mois, j’ai changé de boulot, nous avons déménagé, et je suis tombée enceinte. Comme on m’avait demandé de façon officieuse avant mon embauche d’éviter une grossesse dans l’année, et que cela s’est malgré tout produit alors que j’étais encore dans ma période d’essai, je peux vous assurer que les 3 premiers mois ont été assez difficiles à gérer. J’avais des nausées terribles, j’étais épuisée, mais il fallait le cacher… Je sais, c’est pas hyper sympa pour mon employeur, mais on ne pensait pas que ça marcherait aussi vite après toutes ces années sous pilule.

Bref, pour essayer de la faire courte, tombée enceinte en septembre, je ne l’ai annoncé qu’en janvier. J’ai eu de la chance, ça commençait tout juste à se voir. Et comme je m’étais donnée à fond jusque là, la nouvelle a été plutôt bien prise.

Sauf que c’est là que le bas blesse : je m’étais donnée à fond, justement. Je rentrais le soir après 20 heures, je faisais plus de 2 heures de train par jour, j’avais beaucoup de déplacements sur Paris et Bruxelles, et des contraintes qui m’obligeaient parfois à être debout à 4 heures.

En février, j’étais sur les rotules, mais refusais systématiquement que ma sage-femme m’arrête. Pourquoi faire ? Je me sentais bien, la fatigue des débuts était passée, j’étais confiante.

En avril, lors la visite du 7ème mois, mon obstétricienne me demande si j’ai des contractions. Je lui dit que oui, un petit peu, mais comme mon bébé est placé assez bas ça me semble normal. Sauf que pendant tout l’examen, je ne fais que contracter… Alors mon obstétricienne me dit qu’elle va m’arrêter. Je lui demande si je peux retourner au boulot pour clore mes dossiers, mais elle me dit que non, qu’elle m’arrête tout de suite, et que je rentre à l’hôpital pour cause de MAP (menace d’accouchement prématuré)…

Le choc. Je suis à 31 SA. C’est impossible! Mon bébé pèse 1kg900.

Je suis donc hospitalisée, pour que l’on me fasse des injections afin de diminuer les contractions et accélérer la maturation des poumons de mon fils. Je dois restée couchée, éviter au maximum de me lever.

Je suis placée dans une chambre avec une toute jeune femme qui vient d’accoucher. Prématurément. A 32 SA d’un bébé de 2kgs100. Elle me montre des photos de son fils, dont les couches taille préma lui monte jusqu’au cou. Il est minuscule, et pourtant plus gros que mon bébé à moi, qui risque d’arriver… Elle pleure sans arrêt, parce qu’elle est persuadée que son incapacité à arrêter de fumer a provoqué cette naissance. Et que son médecin la conforte dans cette idée…

Et moi, qui était sereine le matin même, qui m’était levée pour aller travailler et était toute heureuse à l’idée de voir mon bébé, je me retrouve dans un état de stress que je ne pouvais pas imaginer … Je n’ose pas bouger. Je vis chaque monitoring dans l’angoisse, osant à peine respirer de peur que cela ne provoque une contraction. Sans le vouloir, cette jeune Maman m’a mis devant les yeux ce que je redoute le plus, et m’a plongée dans une panique totale.

Malgré tout, au bout de 2 jours, on m’a laissée sortir. Tout allait bien, les contractions étaient moins nombreuses, mon bébé était en pleine forme. J’ai pu retourner chez moi, arrêtée définitivement, avec l’obligation de rester alitée jusqu’à 38 SA minimum, et le passage d’une sage-femme 2 fois par semaine.

Il y en a eu 2, finalement, qui sont passées à tour de rôle. Elles ont été formidables, très à l’écoute, très pédagogues. Et elles m’ont toutes les 2 dit la même chose, après plusieurs monitorings au cours desquels il ne s’était rien passé. Elles m’ont dit que l’hospitalisation n’aurait pas été nécessaire. Qu’il y avait en réalité peu de chances que j’accouche de façon prématurée, compte tenu de l’évolution de ma grossesse et en dépit de mon utérus contractile. Que mon médecin m’avait hospitalisée en faisant jouer le principe de précaution, plus que parce qu’il y avait une vraie urgence.

Moi, bien que sachant cela, je n’ai pourtant plus jamais été zen. Je passais mon temps sur le canapé, à guetter la moindre contraction, la moindre douleur anormale. Je me déplaçais au minimum, ne prenais plus la voiture, ne faisais plus rien dans la maison. Je ne mangeais pas grand chose, n’avais aucune envie. Je passais mon temps à dormir. Rien n’était prêt pour le bébé. Ni sa chambre, ni son lit, ni ses vêtements. Pas de valise de maternité. Je ne voulais pas provoquer le sort.

Et je suis arrivée à 38 SA, tout tranquillement finalement, sans qu’il n’y ait plus aucune alerte. Ça aurait été surprenant, en même temps, vu mon niveau intense d’activité… J’ai pu recommencer à vivre. J’ai pu recommencer à être enceinte, et à toucher mon vente non plus en redoutant une contraction mais pour sentir bouger mon bébé.

J’ai accouché avec seulement 2 petites semaines d’avance, d’un magnifique garçon de 3kgs100. Un très bel accouchement, dans la calme et la douceur. Que je n’aurais jamais pu imaginer au cours de cette fin de grossesse synonyme d’anxiété!

Alors la faute à qui ? A moi, qui n’ai pas su m’écouter et ai mis longtemps à réaliser qu’il y avait un enjeu plus important que ma carrière, que je n’étais plus toute seule ? A mon médecin, qui m’a hospitalisée alors que cela n’était visiblement pas nécessaire ? Au personnel de l’hôpital, qui m’a placée de façon inopportune dans cette chambre là ?

Le tout un peu combiné, je pense, mais aujourd’hui encore j’ai le sentiment que la fin de ma grossesse m’a été volée… Que, comme si mes craintes ne se suffisaient pas à elles-mêmes, il a fallu que l’on m’en rajoute.

Je m’étais donc promis que les choses seraient différentes pour ma deuxième grossesse.

Mais malheureusement la vie n’en a pas voulu ainsi…

Allez, la suite dans un prochain billet, je savais bien que je n’arriverais pas à faire court une fois de plus. Si je ne vous ai pas perdues en route, à demain!

Gros ventre mars 2009

Mars 2009, quand tout allait bien …
La dernière photo que j’ai de cette grossesse.

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Article publié dans : « Grossesse etc … »

2 réponses à “Les angoisses de la grossesse : pourquoi nous en rajouter ?”

  1. Suzanne dit :

    Je te comprends…

    Je suis actuellement enceinte de 7 mois. Depuis l’écho du 2e trimestre, on a décelé un retard de croissance pour mon bébé.

    Je suis passée par des grands moments de culpabilité, des moments de stress intense. En effet, depuis cette annonce, je suis suivie tous les 15 jours pour contrôler la prise de poids du bébé. A
    chaque échographie, j’ai ce stress de me dire : s’il n’a pas grossi, ils vont le sortir pour qu’il profite mieux en couveuse…

    Jusqu’ici, il continue sa petite croissance (il est en bas des courbes, mais suit une croissance harmonieuse). Certes, à 32 SA, il est tout petit (environ 1kg400), mais il va bien.
    Son poids de naissance, s’il arrive à terme, est estimé à 2kg600 environ : à peine moins que mon poids à la naissance (2kg800), et pourtant, à l’époque, on n’a pas inquiété ma mère, mon poids
    paraissait tout à fait normal…

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