malise
24 juillet 2012
Les angoisses de la grossesse : pourquoi nous en rajouter ? (la suite …)

J’ai su tout de suite que j’étais enceinte la deuxième fois.

Oh non, je ne l’ai pas senti, pas de sixième sens toussa! C’est juste que, de façon très terre à terre, j’étais à fond sur cette grossesse. Je voulais être enceinte. Je rêvais d’être enceinte. Et, en plus, j’espérais la lune!

Alors, comme la plupart d’entre nous je crois, quand on fait tout pour tomber enceinte, j’ai fait un test après seulement quelques jours de retard. Qui s’est révélé positif. Puis la prise de sang dans la foulée, très prometteuse.

J’étais au 7ème ciel!

Sauf que à 4 SA j’ai commencé à avoir des saignements assez importants. Suffisamment pour me rappeler la fausse-couche que j’avais faite avant Loulou. Et donc suffisamment pour qu’il y ait panique à bord.

J’ai voulu prendre rdv pour faire une échographie, mais on m’a dit que c’était trop tôt, me rappelant que la première écho officielle se fait à 12 SA (ce qui est juste n’importe quoi !!! C’est vrai quoi, que la première qui ne trouve pas profondément anormal le fait de devoir attendre aussi longtemps pour savoir si tout va bien me jette la pierre!).

On m’a dit aussi que cela pouvait arriver, qu’il ne fallait pas s’inquiéter… Sic!

Ne pas m’inquiéter, c’est cela oui !!!

Au bout de 3 jours, j’ai quand même rappelé, et je crois que la secrétaire a eu pitié de moi (et de mes sanglots), parce que j’ai pu y aller le soir même. L’échographiste, très gentil, a bien compris ma détresse. Il m’a dit que c’était un peu tôt, qu’on ne pouvait pas entendre le coeur battre à ce stade. Mais que le foetus avait l’air d’évoluer normalement. Et qu’il voulait bien me recevoir la semaine suivante pour s’en assurer…

Il ne m’en fallait pas plus. Je suis repartie le coeur plus léger, alors que sans ça j’aurais arrêté de vivre, suspendue à la moindre tâche. Et comme d’un fait exprès, les saignements ont cessés…

C’était le 1er round…

Une fois que j’ai été certaine que bébé était bien accroché, je suis devenue incroyablement zen (entre les nausées!). Mon bonheur me faisait voir tout en rose, tout allait bien, et je me ménageais comme je pouvais pour ne pas refaire l’histoire

Et puis, vers 5 mois, mon frère nous a fait tomber le ciel sur la tête. Avec sa femme, ils essayaient d’avoir un bébé depuis 2 ans, et elle en était à sa 4ème fausse-couche. Après toute une batterie d’examens, il s’avérait que mon frère était porteur d’une anomalie chromosomique héréditaire (une translocation, ça s’appelle). Dont j’étais aussi probablement porteuse. En gros, à cause de ça, soit la grossesse n’allait pas à terme, soit elle allait à terme mais il y avait un risque que le bébé soit anormal, soit elle allait à terme et tout allait bien. C’était le 3ème cas de figure qui s’était produit pour mon frère et moi. Et aussi visiblement pour Loulou. Mais qu’en était-il de cette nouvelle grossesse ?

Sans le vouloir, tout à sa propre douleur, mon frère a insinué très lourdement qu’il y avait un risque très important pour que le bébé que je portais ait un souci. Qu’il fallait absolument que je fasse une prise de sang pour savoir si j’étais porteuse ou non, et puis une amniocentèse pour être sûre pour mon bébé, malgré les très bons résultats du tri-test.

Il s’en est fallu de peu que l’on se brouille pour de bon. Beaucoup d’incompréhension de part et d’autre. Moi qui voulait continuer à penser que tout allait bien, et qui, complètement dans ma bulle, avais du mal à me mettre à sa place. Et lui, qui ne comprenait pas pourquoi je ne me précipitais pas pour faire le test.

Au final, après quelques semaines de doutes et de discussions, j’ai fini par aller faire la prise de sang, mais pas l’amniocentèse, les échographies ne révélant rien d’anormal. Je suis porteuse, moi aussi, mais sans que cela ait eu les mêmes conséquences terribles que pour mon frère…

C’était le 2ème round…

Pour cette grossesse, j’étais suivie par la même obstétricienne que la première fois. Je la trouvais compétente, et il faut croire que j’ai la mémoire courte, je ne lui en voulais plus pour l’épisode de l’hospitalisation. L’avantage, c’est que comme elle me connaissait bien, elle ne paniquait plus du tout face à mes nombreuses contractions. Et comme elle voyait que j’étais calme et que je faisais attention, tout allait bien.

Elle m’a quand même arrêtée au 7ème mois hein, faut pas abuser du boulot non plus! Mais sans monitoring pour cette fois, ça me changeait, et c’était bien la preuve que je gérais pas trop mal…

On arrive alors au 8ème mois…

C’est le 3ème round. Qui s’est avéré pour le moins… désarmant

Mon obstétricienne a du mal à prendre les mesures de la petite. Elle n’est pas très coopérative (on n’a pas vu une seule fois son visage!), et est mal placée. Du coup, les mesures du périmètre crânien sont un peu approximatives. Et elles sont un peu inquiétantes. Le bébé n’a pas grossi autant qu’il aurait dû. Bon ben pas grave, on me prescrit 2 monitorings par semaine et on se revoit dans 15 jours…

Je suis repartie comme ça. Avec de nouveau une épée de Damoclès au dessus de la tête, sans trop bien savoir pourquoi ni comment. Avec la crainte que mon bébé ne soit trop petit, que sa croissance ne se fasse plus normalement. Avec la peur qu’on ne provoque l’accouchement, comme c’était arrivé pour une connaissance, dont la fille n’était plus alimentée correctement.

Ce qui, bien entendu, n’était pas le cas. Mais comme on ne sait jamais, qu’il vaut mieux prévenir que guérir etc, j’étais repartie pour un tour avec mes 2 charmantes sages-femmes, surprises de me retrouver aussi tôt et pour cette raison-ci.

Parce que c’était bien inutile, vous vous en doutez! Les monitorings étaient à chaque fois parfaits, ma Pépette bougeait bien, ce qui ne m’empêchais pas de les attendre avec appréhension.

A la visite de contrôle 15 jours plus tard, les mesures étaient de nouveau correctes, on a pu arrêter les monitorings…

Allez, la petite cerise sur le gâteau : c’est là qu’on m’a annoncé que comme mon col était ouvert à 1, j’allais certainement accoucher avant le terme… Bon, je ne voulais pas trop quand même, un mois 1/2 c’était beaucoup. Mais finalement il a été bien bien long, ce fameux mois 1/2, à attendre tous les jours que ça arrive… Jusqu’à J-4! Elle a été un tout petit peu en avance, quoi!!!

Voilà donc, la très looooongue histoire de mes grossesses, qui aurait pu être toute simple ni personne n’était venu en rajouter.

Bien entendu, ça m’est tout personnel, et l’interprétation que j’en fais tout autant. Pourtant, les faits sont là. A chaque fois, c’était par pure bienveillance ou par précaution. Et à chaque fois, cela aurait pu être évité, et je ne m’en serais pas portée plus mal. Mon bébé non plus, soit dit en passant.

Mais le pire, c’est que ça nous arrive à toutes.

Doit-on parler du si justement controversé test O’Sullivan, qui rend diabétique des futures Mamans qui ne le sont nullement ?
Ou du tri-test, dont les résultats ne sont pas vraiment fiables si la prise de sang n’est pas effectuée le même jour que les mesures à l’échographie. Rien que dans mon entourage, je connais 3 personnes qui ont préféré faire une amniocentèse (non obligatoire, je le rappelle) parce que les résultats du tri-test laissaient planer un doute.

Je ne veux en aucun cas lancer une polémique. Il est nécessaire et important qu’une grossesse soit bien surveillée. Mais je trouve juste que parfois, à trop médicaliser ce suivi, on finit par transformer la grossesse en maladie. Et on supprime toute possibilité d’insouciance dans cette parenthèse où ce devrait être si bon de se laisser porter…

Gros ventre juin 2011

Juin 2011 …

Rendez-vous sur Hellocoton !
badge mapage hellocoton 125x25 white

Article publié dans : « Grossesse etc … »

5 réponses à “Les angoisses de la grossesse : pourquoi nous en rajouter ? (la suite …)”

  1. Mère Louve dit :

    ça me rappelle la première fois où j’ai vraiment eu mal au ventre. Je me suis précipité chez mon médecin (j’avais pas le réflexe d’appeler la gynéco) pour voir. Outre le fait qu’il m’a fait un mal
    de chien (l’impression d’être violée), il m’a foutus la trouille en me disant que mon col était perméable, que ça allait pas du tout etc…
    Après deux jours de repos et toujours des douleurs, je file chez ma gynéco qui me fait une rapide écho du col. Elle me rassure, tout va bien, col bien fermé tout ça, par contre, interdiction de
    retourner bosser (à même pas 6 mois, c’est dur).
    Pour les autres, ceux qui me donnent des conseils plus ou moins utiles, je laisse couler. J’ai pas envie de me prendre la tête avec ce que je dois ou non faire, les risques et tout. J’ai une écho
    tous les mois quand je vois ma gynéco et s’il y avait un soucis, elle me le dirait.

  2. Mypetitpois dit :

    Comme je suis d’accord ! D’ailleurs, comme ma première grossesse s’est très bien déroulée, j’ai décidé de me faire suivre par une sage-femme pour le prochain bébé, histoire de « dé-médicaliser » ces
    rendez-vous !

  3. Magally dit :

    Ton article est vraiment très intéressant.
    Je suis actuellement enceinte. Mon mari est porteur d’une translocation génétique et on nous a informé qu’il y avait 15% que le bébé hérite d’une translocation génétique déséquilibrée avec de gros
    risques de malformation physiques ou de retard mental.
    J’ai subi une amniocentèse. 3 semaines d’attente des résultats, 3 semaines d’angoisse, de peur. Et finalement nous avons appris que le bébé allait bien.
    J’ai eu l’impression de ne pas pouvoir profiter de ces 4 premiers mois de grossesse. J’ai eu tellement peur … Il ne reste plus qu’à espérer que le plus dur soit derrière nous.
    Merci pour ton article !!

  4. Voilapapa dit :

    L’histoire de tes grossesses est intéressante à suivre 🙂 La sur-médicalisation guette certainement.. et les temps d’attente atrocement longs – tu évoques les 12 SA d’attente avant la 1ère
    échographie – participent peut-être également au développement de certaines angoisses.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *