malise
7 août 2012
Courageux malgré lui

Mon fils n’est pas un grand téméraire.

Pour l’instant, et tant que ma fille ne sait pas se déplacer toutes seule, je ne fais pas partie de ces Mamans qui ont failli mourir de peur en apercevant leur tout petit debout sur une chaise, en train d’escalader le canapé, ou au milieu des escaliers qu’il avait réussi à grimper allez savoir comment (et là je croise les doigts très fort!)…

Non. Loulou a su se mettre debout tout seul à 10 mois, et il a commencé à se déplacer à quatre pattes très peu de temps après, mais il l’a toujours fait avec beaucoup de prudence. Comme tous les enfants, il était très attiré par les marches, mais il a rapidement compris comment les monter sur les genoux et les descendre sur les fesses.

L’acquisition de la marche ne l’a pas fait changer.

Le seul milieu dans lequel il s’est toujours senti très à l’aise, c’est l’eau. Il faut dire que nous avons fait les bébés nageurs avec lui dès qu’il a eu 4 mois! Dans l’eau, rien ne lui fait peur. A 2 ans, il sautait sans brassards et remontait tout seul, même pas mal!

Dans l’eau, il s’est toujours laissé aller, et a réussi à surmonter les craintes qu’il avait sur la terre ferme.

Piscine-aout-2011

« Plus haut, plus haut!!! »

Il lui a fallu pas mal de temps pour apprécier le toboggan et pour accepter d’en faire seul, sans qu’on lui tienne la main. Jusqu’à cette année je crois, la hauteur ne l’intéressait pas plus que ça, il ne s’aventurait jamais sur les rebords des murs, et il hurlait dès qu’on tentait de l’asseoir sur une balançoire.

Toboggan

« C’est trop bien le toboggan! Tu me tiens, hein ??? »

Rapidement, son Père et moi nous sommes rendus compte que, pour pas mal de choses, la peur surpassait son envie, et le faisait reculer avec regret. Combien de fois l’avons nous vu crier du haut du toboggan alors qu’il y était allé tout seul ?!

Alors, à tort ou à raison, nous avons commencé à lui forcer un peu la main. Pour faire un tour de manège, pour descendre avec nous un toboggan-tunnel dans une piscine, pour faire de la draisienne…

Chaque fois, il s’est mis dans des états pas possibles, à hurler, se débattre. Chaque fois, nous avons insisté, lui avons expliqué le plaisir qu’il en retirerait, l’avons accompagné.
Et chaque fois nous avons eu le même résultat : à partir du moment où nous avions réussi à le convaincre et qu’il avait fait une tentative réussie, il ne voulait plus s’arrêter. Et hurlait et se débattait de nouveau, mais pour continuer, cette fois!

Manège

« Allez, encore un tour s’il te plaît! Juste un!« 

Bien sûr, en grandissant, il est devenu plus sûr de lui et fait des choses que je n’aurais pas imaginées il y a un an, comme de sauter d’un mur plus haut que lui, ou de descendre un toboggan tête la première. Mais il appréhende toujours la nouveauté, et prend des risques mesurés. Heureusement pour sa sécurité (et pour notre petit coeur!)…

Jusqu’à ce we, j’étais persuadée du bien fondé de ce que nous faisions. Que de l’aider à se dépasser et à vaincre ses peurs était notre rôle, et que nous le faisions de la bonne manière.

Et puis il y a eu les ânes. Il a tout de suite refusé de les approcher, ce qui est somme toute assez classique. Au bout de quelques dizaines de minutes de marche, alors qu’il se plaignait d’être fatigué et d’avoir mal aux pieds, j’ai tenté de le faire grimper sur un âne. Ça s’est bien sûr soldé par des hurlements. Alors j’ai continué à marcher avec lui, tout en lui montrant ses copains qui eux étaient sur les ânes, et en lui expliquant que ce serait moins fatiguant et vraiment plus sympa pour lui. Dès que j’abordais le sujet, il se mettait à pleurer.

Mais au bout de plus de 2 heures de marche, alors qu’il pleurait toujours mais de fatigue cette fois, nous l’avons remis sur l’âne. De force. Il a crié un peu, puis s’est vite arrêté tellement il était épuisé.

Bien entendu, il y a tout aussi vite pris goût, et a par la suite fait des crises à chaque fois qu’il devait en descendre…

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« Allez Papa, je veux monter sur l’âne! »

Il n’empêche que depuis, moi je n’arrête pas de cogiter. Est-ce qu’à trop vouloir le pousser nous n’avons pas pris le risque de lui faire encore plus peur, et de lui créer une phobie ?

Quand je lui demande s’il était content d’être sur l’âne, il me répond que oui. Quand je lui demande s’il n’aurait pas préféré marcher, il me dit que non, que c’était bien d’être sur l’âne.
Je lui dit qu’il a été très courageux, que c’était très bien de réussir à faire quelque chose qui lui faisait peur. Je lui dit qu’il peut être fier de lui, et que moi, en tout cas, je le suis.

Apparemment, il garde plus le souvenir des bons moments sur l’âne que des mauvais à avoir peur de lui! C’est le principal. C’est ce que nous espérions pour lui.

Mais vous, qu’en pensez vous? Vaut-il mieux aider nos enfants à affronter leurs peurs quitte à les brusquer un peu? Ou attendre que les choses se fassent toutes seules quitte à ce qu’ils passent à côté de quelque chose?

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Article publié dans : « Loulou des bois »

5 réponses à “Courageux malgré lui”

  1. FoxyMama dit :

    Mon fils est comme le tien et je lui dis souvent « c’est normal d’avoir peur, mais si tu es courageux tu vas réussir à dépasser ta peur » et je lui force aussi un peu la main de temps en temps

  2. mon-nid dit :

    Ma Coquillette ressemble fort à ton loulou… Tout lui fait peur. Alors pareil, on force un peu, pour qu’elle ne rate pas quelque chose qui lui fait envie, par simple crainte. Mais chez nous, ça ne
    change pas grand chose: elle a toujours aussi peur de l’eau (malgré les séances de bébé nageur), des chiens, des animaux en général, etc.

  3. NiouzMum dit :

    MiniLui a aussi tendance à être comme ton fils aîné … À ne pas forcément oser ou alors prudemment (et c’est reposant pour nos cœurs de parents ^^). En revanche Zébulon c’est tout l’inverse et il
    fonce tête baissée …
    Du coup pour MiniLui on essayait surtout de le convaincre (tu vas y arriver, tu en es capable et tu verras comme ça va te plaire/ça va t’amuser et tu seras fier) avec plus ou moins de succès mais
    sans le forcer … Le gros déclic pour lui a été de voir son frère plus petit faire beaucoup plus de choses donc il le regardait admiratif puis se lançait … Maintenant c’est lui qui devance

    Mais c’est vraiment lié à leur personnalité à chacun.

  4. MaCyMa dit :

    Je pense que tu as raison et que l’inciter un peu est une bonne chose. Je t’avoue ne pas être confronter à ce genre de chose: Paquet n’a pas peur et par contre, moi, ça me donne peur ! 🙂

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