malise
15 octobre 2012
Rester amis en dépit de nos enfants …

On parle souvent de la difficulté de maintenir son couple à flot après l’arrivée des enfants… C’est un fait. Ce n’est déjà pas si facile d’apprendre à vivre à 2, alors à 3, 4 ou plus, la fatigue en prime, n’en parlons pas!

Mais qu’en est-il de ses amitiés ?

Parce qu’il faut bien le reconnaitre, il n’y a pas si longtemps on se voyait tous les week-end quand ce n’était pas tous les soirs, et nos seules préoccupations étaient de savoir où on allait pouvoir aller bringuer, et si ce soir ça allait être whisky-coca ou vodka-pomme…

Aujourd’hui, il n’est pas rare de devoir programmer nos rencontres quelques mois à l’avance, et encore moins que l’on se voit le dimanche midi plutôt que le samedi soir.

Malgré tout, ce n’est pas le fait de se voir moins qui fait que l’on a moins d’affinités. Bien au contraire. Nous mûrissons, évoluons, galérons ou non, faisons des projets, chacun de notre côté, et nos retrouvailles sont des moments privilégiés qui nous permettent d’échanger sur le présent, de nous souvenir du passé, et de nous projeter dans l’avenir.

Mais dans ce beau tableau il y a tout de même une chose qu’il ne faut pas oublier : nous avons beau être amis et avoir des valeurs communes, nous avons tous des principes et une vision de l’éducation différente.

Ce qui peut engendrer certains heurts, voire certaines situations de crise.

J’en ai déjà parlé ici, nous avons un couple d’amis qui a une vision plutôt libérale, sans dire laxiste, de l’éducation. En résumé, leurs enfants ont le droit de faire ou de dire ce qu’ils veulent, il est très rare qu’ils soient repris lorsqu’ils dépassent les limites.

C’est ainsi que leur fils aîné s’est amusé à me sauter sur le ventre lorsque j’étais enceinte de mon fils, sans que ses parents ne réagissent.

C’est ainsi qu’il s’est amusé à jeter des boules de pétanque à la tête de plus petits, sans d’avantage d’intervention parentale.

Pareil lorsqu’il jette du sable à la figure de sa soeur.

Ou lorsqu’il l’insulte.

Ou lorsque la petite soeur en question trouve amusant de poser un oreiller sur la tête d’un bébé et d’appuyer fort.

J’en passe et des meilleures, je pense que cet article ferait 20 pages si je listais tous les exemples que j’ai en mémoire.

Systématiquement, ce sont les parents des enfants concernés par les agressions qui ont du intervenir. A chaque fois, zéro réaction de la part de nos amis.

Alors bien sur, avec le temps les enfants grandissent et s’assagissent un peu. Et avec le temps nos amis se rendent compte que fixer des limites n’est pas une si mauvaise idée. Mais ce n’est pas si facile de rattraper plusieurs années de no-limites.

Toujours est-il que nos relations se sont espacées. Alors que nous habitons à 200 mètres de chez eux, nous ne les voyons même pas une fois par mois. Nous hésitons à les inviter, de peur de voir notre maison saccagée. Nous en avons assez de devoir réagir à leur place, et de remettre leurs enfants dans le droit chemin, celui du respect des autres.

Le pire dans tout ça ? Nous ne sommes pas les seuls! Alors que nous discutions avec d’autres amis samedi soir du fait de partir en vacances tous ensemble, tout le monde a clairement refusé qu’on leur propose à eux aussi. A cause de leurs enfants…

Je ne sais pas s’ils se rendent compte de tout ça. Sans doute que si. Ils doivent bien voir que nous trainons les pieds à chaque invitation. Que nous ne faisons même plus l’effort de faire la bise à leurs enfants, qui eux-mêmes ne disent jamais bonjour spontanément. Que nous ne laissons jamais nos tout-petits seuls avec leurs enfants, et que nous passons notre temps à les réprimander à leur place.

Nous essayons de ne pas juger leur façon d’élever leurs enfants, de ne pas oublier les raisons qui font que nous sommes amis, mais ce n’est pas toujours simple.

Hier, je me suis rendue compte que cela pouvait concerner beaucoup plus de monde que ce que je pensais, lorsqu’une petite fille de 19 mois s’est précipitée sur ma fille pour lui griffer le visage, sans qu’aucun de ses parents ne réagisse. Ils m’avaient déjà paru bien débordés, les pauvres, à tenter tout l’après-midi de lui interdire l’accès à la table basse. Sans succès. Mais de là à ne pas réagir devant sa violence! C’est encore moi qui ait du faire la morale à la petite, qui me regardait avec un regard noir de colère…

Je me suis dit que j’avais beau beaucoup les apprécier, j’apprécierai encore plus de les revoir sans leur petite!

Comme quoi, même en amitié, on a tendance à sous-estimer les ravages que peuvent provoquer nos enfants-tornades!

Anes

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Article publié dans : « Parents mais pas que »

6 réponses à “Rester amis en dépit de nos enfants …”

  1. Oui tu as tout à fait raison, et quand on arrive à se voir, encore faut-il arriver à se parler au milieu des enfants !

    Je n’ai pas (encore?) été confronté aux différences d’éducation aussi flagrantes que toi, mais je pense que je le vivrais aussi mal… Et puis on sait bien comme c’est d’autant plus compliqué de se
    retrouver sans les enfants !

    PS : je découvre ton blog (grâce à NiouzMum) et j’aime beaucoup !

  2. NiouzMum dit :

    C’est en effet parfois compliqué de « gérer » les relations amicales quand des enfants sont arrivés dans le/s couple/s (quoi que dans les exemples que tu donnes perso ça me gonflerait de continuer à
    les voir ;p).
    Ce qui m’a posé moi le plus de « problèmes » ces derniers temps c’était de continuer à voir certains amis « nullipares » et qui se permettent de donner des conseils sur l’éducation de tes enfants ! On
    verra quand ils en auront, gnark gnark gnark ! Ceci dit je suis tellement nouille que je n’oserai même pas le leur rappeler ^^

  3. MissBrownie dit :

    En effet, pas simple…
    Ce qui me fait beaucoup rire aussi, ce sont les réflexions que mes amis pouvaient faire quand eux n’avaient pas d’enfants alors que nous en avions 2 et de voir que maintenant, ils ne font pas
    mieux.

    Tes amis sont vraiment laxistes en tout cas!

  4. A la mère si dit :

    Oui je crois qu’on a tous parmi nous ces spécimens de parents parmi nos amis ou notre famille…Et c’est clair que je préfère les voir sans leurs enfants, j’avoue ! D’autant plus lorsque la
    sécurité de nos enfants est mise en branle par les leurs…

  5. Effectivement, les relations doivent devenir compliquées : à partir du moment où toute invitation implique une tornade chez vous, vous avez beau apprécier vos amis, les rencontres doivent
    inévitablement s’espacer.
    Je vois bien ton embarras mais que faire d’autre ? Peut-être, avec un peu de chance, que tout se calmera d’ici 1 ou 2 ans…. Je l’espère en tout cas !
    Nathalie

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