malise
18 octobre 2012
Entre coliques et RGO : quand l’allaitement n’est pas un long fleuve tranquille

Voilà un billet que je voulais écrire depuis longtemps. Pour vous dire, il est dans mes brouillons depuis le 29 mars 2012! Mais comme chaque jour je ne veux pas vous faire perdre une miette de ma vie trépidante (hum) et de mon actualité bouillante (re-hum), et bien je l’ai laissé en suspens.

Or voilà que cette semaine on parle d’allaitement au niveau mondial, et comme mes souvenirs commencent à s’émousser, je me suis dit qu’il était temps que je me lance.

Mais trêve de blablas, trêve de blablas, laissez-moi vous conter tout cela…

Je n’ai pas beaucoup parlé d’allaitement ici, une ou deux fois peut-être (dans cet article notamment), mais j’ai nourri mes deux enfants au sein. C’était mon choix, ma volonté, et leur Papa m’y a toujours encouragée.

Pour mon fils, cela n’a pas été de soi.

Potasser le livre de Marie Thirion est une chose, se retrouver avec un bébé qui rampe sur notre ventre pour atteindre un sein, en est une autre.

Mon bébé a tout de suite trouvé comment téter, mais je n’ai pas eu le réflexe de demander aux sages-femmes à la maternité si la position dans laquelle je le mettais était bonne. Si bien que je me suis retrouvée avec des crevasses au bout de quelques jours.

Mais j’ai serré les dents, me suis soignée à coup de crème lansinoh, et j’ai persévéré.

Loulou avait beau prendre du poids, j’avais l’impression (fausse, à posteriori) que je n’avais pas assez le lait. Il était sans arrêt en demande, je n’arrivais pas à le poser une seconde. Il n’acceptait de dormir que sur nous.

J’étais épuisée, mais à aucun moment les pédiatres ni les puéricultrices consultées ne m’ont rassurée en me disant que c’était juste quelque chose de normal. Et bien oui, c’était un nourrisson qui avait besoin de sentir la chaleur de sa Maman ou de son Papa, rien de plus!

Il a eu des coliques pendant trois mois. Trois longs mois à l’entendre hurler tous les soirs sur l’épaule de son Père, qui était le seul à pouvoir le calmer. Trois longs mois à pleurer dans mon coin, à l’autre bout de la maison. Trois longs mois à entendre des commentaires plus ou moins saugrenus et plus ou moins bien acceptés, je l’avoue : « tu n’as pas assez de lait! », « ton lait n’est pas assez riche! », « vite il faut compléter avec un biberon! », « change ton alimentation! ».

Il restait au sein toute la soirée, parfois jusqu’à 3 heures d’affilée.

Pourtant, j’ai tenu bon. J’ai fermé les écoutilles, et j’ai continué. C’est grâce à mon Amoureux que j’ai tenu le coup. Il m’encourageait, me disait de faire comme je voulais, mais qu’il était sûr que j’avais assez de lait et que ça allait passer.

Et c’est ce qui est arrivé. Du jour au lendemain, les pleurs ont cessé alors que je n’avais rien modifié. Petit à petit, les tétées se sont espacées, bébé a commencé à accepter d’être posé et de dormir ailleurs que sur nous.
Le bonheur a fait place aux angoisses, et tout s’est mis à rouler. Je l’ai allaité six mois. Deux mois après la reprise de mon travail, j’ai décidé d’arrêter volontairement parce que j’avais envie de passer à autre chose.

Lorsque ma fille est née, j’ai tout naturellement eu envie de recommencer.

Je ne suis pas contre les biberons, j’ai même beaucoup aimé en donner à mon fils lorsque j’ai arrêté de l’allaiter. J’aimais voir son Père lui donner à manger, j’adorais le voir tenir fort notre petit doigt d’une main tout en serrant son autre poing, je raffolais de pouvoir embrasser sa tête et sentir l’odeur de ses cheveux.

Mais je trouve qu’il y a quelque chose de merveilleux dans le fait de pouvoir nourrir son enfant. Me dire qu’il pousse grâce à moi m’est une joie incomparable, et cette sensation d’osmose au moment de la tétée me procure un bonheur indicible.

Elle aussi a su téter tout de suite. J’avais beau avoir déjà connu un allaitement, celui-ci me paraissait lointain, et je n’ai donc pas hésité cette fois-ci à appeler les sages-femmes pour corriger notre position dès que je la mettais au sein.

Mais très vite, nous avons remarqué qu’elle recrachait la plupart de ses repas. Comme il lui restait énormément de glaires dans les poumons, nous avons pensé qu’il ne s’agissait que de cela.

Forte de ma première expérience, je ne doutais de rien et profitais pleinement. Elle tétait bien, beaucoup, je savais que j’avais du lait, et je voyais ma fille grossir à vue d’oeil.

Elle continuait à régurgiter après chaque tétée, mais les quantités étaient assez minimes et donc peu inquiétantes.

Pourtant, je trouvais qu’elle toussait beaucoup dans la journée.

La nuit, couchée à côté d’elle, j’entendais sa gorge puis son nez se remplir lorsqu’elle s’endormait après avoir mangé. Il n’était pas rare que je la retrouve les cheveux mouillés, son dernier repas imbibant les draps.

Au bout d’une ou deux semaines, j’ai arrêté de l’allaiter couchée.

Dans la journée, elle tétait normalement et ne régurgitait que très peu. Il fallait par contre systématiquement la faire roter, sinon tout ressortait directement. Elle dormait debout sur moi, sur son Père, ou couchée dans son lit surélevé (catalogues sous les pieds et matelas rehaussé).

Lorsqu’elle réclamait la nuit, je m’asseyais dans notre lit puis la prenais, la faisais téter, et me levais pour lui faire faire un rot. Je ne pouvais plus la coucher à côté de moi, sinon son repas ressortait. Elle a donc commencé à dormir sur mes genoux relevés grâce à un oreiller. Elle refusait systématiquement d’aller dans son lit pourtant accroché au notre. Lorsque je ne supportais plus de la garder sur mes genoux, je posais sa tête au creux de mon épaule et nous dormions collées l’une à l’autre. Parfois, nous la mettions dans la couverture miracle, mais au prix de hurlements et sans le gain de sommeil promis…

Petit à petit, nous avons trouvé notre rythme. Elle a fini par accepter d’aller dans son lit même la nuit, et lorsque nous avons été sûrs qu’elle était sereine nous l’avons changée de chambre.

Du coup, je n’avais plus de questions à me poser. Quand elle avait faim, je descendais puis l’allaitais assise sur le canapé. Ensuite je la berçais pour son rot, et la reposais sans problème jusqu’à la prochaine tétée.

Quand elle a eu quatre mois, sa pédiatre a diagnostiqué un RGO (reflux gastro-oesophagien), et l’a mise sous gaviscon (ce qui la faisait vomir). Puis, après une gastro qui a aggravé les choses et transformé les tétées en moments de souffrance, sous inexium et gel de polysilane.

Ça a été un vrai miracle!

Je n’entendais presque plus le liquide remonter le long de son oesophage. Elle ne toussait plus, et n’avait plus que très rarement cette odeur d’acide dans la bouche. Elle ne pleurait plus après avoir tété. Plus rien ne ressortait.

Le passage aux aliments solides, tout en continuant les tétées, nous a permis de franchir un autre cap.

Nous n’en sommes sortis que depuis peu, mais ceci est une autre histoire…

Cet allaitement, si difficile, si douloureux pour ma bichette, a pourtant été une réussite. Il a été une victoire, notre victoire, et s’il a pris fin au bout de 7 mois c’est uniquement parce que je ne tenais pas le coup avec la reprise du boulot.

Pardonnez-moi ce billet long et décousu, je le voudrais comme un message d’espoir pour toutes les Mamans qui doutent de leur allaitement.

Allaiter un bébé qui a des coliques, c’est culpabilisant mais cela fini par s’arrêter.

Allaiter un bébé qui a un RGO, c’est éprouvant, mais c’est possible et même bénéfique.

Écoutez-vous, écoutez votre bébé, n’hésitez pas à vous faire aider par des spécialistes si vous en éprouvez le besoin, mais ne doutez jamais ni de vous, ni de lui…

Tétée d'accueil Loulette

La tétée d’accueil de ma fille,
juillet 2011.

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Article publié dans : « Grossesse etc … »

10 réponses à “Entre coliques et RGO : quand l’allaitement n’est pas un long fleuve tranquille”

  1. Très beau témoignage, j’espère qu’il encouragera les mamans qui galèrent avec l’allaitement 😉

  2. FoxyMama dit :

    Et puis surtout, merci de dire la vérité, allaiter ce n’est pas facile au debut, mais il suffit de s’accrocher pour que tout aille mieux, joli temoignage

  3. NiouzMum dit :

    Joli billet, dont j’aime beaucoup la conclusion et la photo (mais ce n’est pas 2011 l’année ?)
    Merci pour ce témoignage !

  4. Magali dit :

    Comme ce message résonne en moi. Comme je m’y retrouve ! Les longues heures passées à allaiter mes filles, les nuits passées avec elles sur moi, car je ne pouvais les poser … à la différence de
    toi que mon homme ne m’a pas soutenue dans mon allaitement, trouvant que c’était de l’acharnement et de l’épuisement, ne voyant pas le côté « viscéral » et intime que je ne voulais pas perdre en
    arrêtant l’allaitement. Merci pour ton témoignage.

  5. Geckomoon dit :

    J’aime beaucoup ton témoignage. Comme toi, j’ai allaité mes 3 enfants. C’est vrai que les colliques du nourrisson sont très fréquentes, et malheureusement, les commentaires désobligeants de
    certaines personnes qui vont avec le sont aussi… Je n’ai pas eu d’enfants ayant eu un RGO, mais je pense que j’aurais tenu le coup comme toi avec l’aide du papa, même si c’est difficile. C’est
    très fréquent pour un bb d’avoir des colliques ou un RGO, même alimenté au biberon… donc tu as bien fait de continuer ton allaitement.

  6. minouchkaïa dit :

    je n’ai pas allaité, mais j’ai vécu le RGO avec mes 2 filles..pour l’aînée, ça a été un enfer sans nom pendant 4 mois, nuit et jour,jusqu’à ce qu’elle soit mise sous traitement. Alors tu penses
    bien que pour la deuz, dès que j’ai vu le truc venir, j’ai exigé du medecin qu’il prescrive le traitement au bout d’un ou deux mois(inexi*um), et du jour au lendemain c’était quasi réglé…une de
    mes amies vient de connaître la même chose avec sa troiz’ qu’elle allaite, alors qu’elle avait été épargnée pour les 2 premiers. Donc aucune règle concernant ce satané RGO, et seulement énormément
    de patience et de confiance en soi pour les parents…rétrospectivement, je crois que ne pas allaiter m’a sauvé, moi, car je me sentais déjà tellement « vampirisée » par ce bébé que j’avais tjrs à
    bras, que si le papa ne m’avait pas un peu relayée certaines nuits, je serais devenue dingue..

  7. meliemelo79 dit :

    Je me retrouve bien dans ce témoignage. Ma fille a eu un Rgo, diagnostiquénà 2mois, après 1 mois 1/2 de m* rde avec un bébé hurlant. Je passe sur les conneries tel qu’il fallait la sevrer pour
    passer au lait épaissit, que régurgiter s’était normaletc….
    Je te rejoins néanmoins sur le plaisir partager, la joie de nourir et de faire grossir son tout petit, même mon allaitement a été bien plus court ( 3 mois)

  8. Estelle dit :

    Quelle bonne idée de parler du rgo et de l’allaitement! Antonin a huit mois, souffre d’un rgo persistant et est toujours allaité, en grande partie grâce au pédiatre qui a fait la visite du 1er mois
    et a à la fois diagnostiqué le rgo (que l’on prenait pour des coliques car il était surtout interne) et qui m’a bien dit ne pas céder face aux possibles remises en question de l’allaitement en cas
    de rgo. Il était prophétique, ça n’a pas manqué « et si c’était ton lait »  » et s’il régurgitait moins au biberon… », « et si tu prenais un lait épaissi »… (qui n’aurait servi à rien vu qu’Antonin
    régurgite même de la compote si elle n’est pas épaissie…).
    Et oui l’inexium bien que n’ayant pas d’AMM et pouvant susciter des réticences, cela vaut le coup face à l’enfer qu’est le quotidien d’un bébé rgo…
    Enfin, avec un bébé rgo, vive le sling pour le rendormir la nuit le temps que la tétée descende…

  9. Joli article ! Tu as raison, il faut écouter son instinct de maman…

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