malise
10 janvier 2013
♥ Dictatrice en herbe ♥

Je vous vois là, derrière vos écrans, en train de lire mon titre et de vous dire : « Et voilà, elle va encore exagérer! ». Vous savez très bien de qui je vais vous parler, et vous vous imaginez que ça ne peut pas être possible… Une petite fille qui a l’air si mignonne (rappelez-vous : ici et ici), et qui semble rigoler tout le temps (ici!)…

Heureusement, dans l’histoire les exemples de femmes dictateurs ne sont pas légion (merci Wikipédia!), et quand on voit de qui il s’agit ce n’est pas forcément glorieux de faire référence à elles, compte-tenu de leurs personnalités…

Mais je vais vous dire une chose : ma Loulette, elle a inventé la version soft de la dictature. La version « ni vu ni connu j’t’embrouille ». La version toute douce, celle qui fait que tu en redemandes sans t’en rendre compte, alors que mine de rien tu te fais juste COMMANDER par une petite poulette de 18 mois haute comme 3 pommes. Et le pire dans l’histoire : ben non seulement tu OBEIS, mais en plus tu te MARRES!!!

Ma Loulette, ce dictateur en jupons, ce tyran domestique, cette future terreur des cours de récréation…

18 mois

Notre fille, notre commandante en chef, a fait du respect de l’ordre (enfin, de ses ordres) son art de vivre personnel. C’est son cheval de bataille. Il est devenu son moyen de communication favori, celui qu’elle brandit à toute occasion, faisant par-là de nous, sa famille (parents, frère, et grands-parents compris), ses serviteurs dévoués obligés.

Je sais que vous n’allez pas me croire, mais le mot qu’elle répète le plus souvent n’est pas « non ». Pas du tout. Celui qu’elle a en permanence dans la bouche, c’est l’injonction « là », suivie presque immanquablement de « acore »… Répété sur tous les tons, mais allant souvent du petit chuchotement dans le creux de l’oreille à la directive péremptoire qui ne souffre aucune objection. Un peu comme votre voiture quand vous ne mettez pas votre ceinture de sécurité. Vous visualisez, là ?

Des exemples ? :

Au moment des repas, Loulette choisit sa chaise. Comme elle veut absolument tout faire comme son grand frère, elle montre invariablement la chaise de bar bien trop haute pour elle (oui, dans notre nouvelle cuisine, il y a un îlot central avec des chaises de bar ). A notre refus catégorique et nos explications de risque de chute, elle oppose souvent une mine renfrognée, qui signifie non seulement qu’elle ne nous écoute pas, mais qu’en plus c’est ELLE QUI DECIDE! Non mais! Si jamais on a le malheur de choisir la force (allez, je te prends et je te colle dans ta chaise haute qui est là juste pour toi regarde comme elle est belle), on peut être sûr qu’elle tournera la tête et fermera la bouche tout le repas. Qui restera dans son assiette, donc.
Alors on négocie, on câline, on chatouille, on détourne l’attention. Et ça marche, jusqu’à l’étape suivante.

Là, la demoiselle regarde son assiette, puis celle de son frère, et décide si oui ou non elle va accepter sa pitance ou insister lourdement pour avoir celle de son frère (« Là! Là! LA! »). Maintenant j’ai bien compris, les enfants ont droit à deux assiettes rigoureusement identiques. Au morceau de knacki près.

Ensuite elle choisit entre fourchette ou cuillère, puis m’ordonne de m’asseoir en face d’elle, dans la chaise qu’elle désigne. Et si je dis « m’ordonne », c’est parce que je suis la seule préposée au repas de sa majesté. Si son Père veut lui donner à manger, au mieux elle pince les lèvres et tourne la tête, au pire elle pleure. Donc, je m’acquitte, je déteste la savoir le ventre vide. Bon en même temps, ça n’est jamais arrivé. Son estomac est bien trop important pour elle, et à force de persévérance, son serviteur en second arrive parfois à la sustenter, mais c’est au prix d’innombrables efforts, de bonnes suées, et d’un repas à la durée exceptionnellement longue. Donc non, on évite! (Pareil pour le biberon du matin d’ailleurs. Si je suis dans les parages, elle n’accepte de le prendre que si c’est moi qui le lui donne…).

Puis vient le moment du repas en lui-même, au cours duquel la Belle désigne les morceaux de son choix, si elle a décidé qu’elle ne voulait pas manger seule ce jour-là : « Là! ». Si jamais on a le malheur de prendre celui d’à côté, elle dit « Nan nan nan! », puis tourne la tête. Et quand elle a fini sa bouchée : « Là! Acore! ».

Pour le dessert, même topo. Depuis toujours, pour éviter les crises, nous laissons la possibilité aux enfants de choisir eux-mêmes leur dessert (dans la limite du raisonnable, oh non non, pas de chips en dessert!). Donc Loulette va se servir dans le frigo (enfin, je la porte jusqu’au frigo), y pioche ce dont elle a envie, puis change d’avis en voyant que son frère prend autre chose. Sur ce point, nous avons appris à feinter : déjà, ne jamais sortir un autre dessert que le sien avant qu’elle ait fini de manger. Ensuite, veiller à ce qu’elle ait entamé le sien, car il est rare qu’elle s’arrête en cours de route. Et enfin, lorsqu’elle ne mange pas seule, avoir moult objets sous la main destinés à détourner son attention. Et hop, une énorme cuillère d’enfournée pendant qu’elle pioche dans la boîte de médicaments. Rassurez-vous, je ne vais pas jusqu’à la laisser goûter juste pour qu’elle finisse son petit suisse… Enfin pas encore!

Bref, voilà une longue tirade pour vous décrire le repas. Lorsqu’elle a terminé, la Miss tend les bras, et dit : « Là, oba », en montrant le sol. Ou « Là, câlin! Acore! », si elle veut être portée. Si elle ne veut pas enlever sa serviette, elle la désigne « Là, là », puis indique du doigt où il faut la poser : dans sa chaise haute, devenue inutile si vous suivez bien. Enfin pas vraiment, elle sert de rangement à la serviette, donc il n’est même pas envisageable de la reléguer au garage, ça créerait un drame!

L’habillage maintenant : un ordre doit bien être respecté. D’abord le body, puis les chaussettes, puis le « palon », puis le pull, et enfin les « papoufs » (pantoufles). Le tout désigné l’un après l’autre par … vous avez compris. Pareil pour la gigoteuse, ne surtout pas confondre celle de la nuit et celle du jour (plus légère), car elle serait toute perturbée et se tortillerait comme un beau diable pour refuser de la porter! Le change se fait dans l’enthousiasme général, elle demande si elle a fait « tata » ou « pépé », et veut de plus en plus se nettoyer elle-même. Youpi!!!
Pour sortir, d’abord l’écharpe, puis le bonnet, puis le manteau. Chaque objet étant désigné au fur et à mesure, ainsi que l’endroit sur le corps où il doit être placé, au cas où on oublierait…

Pour le bain, pas question de la laver. C’est elle qui s’en occupe. Elle mouille son éponge, puis se rince, puis met du gel douche, puis se savonne. Après seulement, elle daigne nous laisser faire à notre tour. Je ne sais pas pourquoi, je commence à me poser sérieusement des questions à propos du futur lavage de dents… Je ne pense pas qu’elle va être aussi docile que son aîné, je ne sais pas pourquoi… Comme un petit doute, là…

Et là, vous vous dites : bon, c’est bien joli tout ça, mais à un moment il faut quand même faire preuve d’autorité, non mais oh c’est qui les parents, là ???

Oui oui, je vous rassure, c’est bien nous, on n’a pas encore complètement inversé les rôles. Mais lorsque Loulette se voit opposer un refus, ou imposer quelque chose, elle a plusieurs réactions : soit elle s’assoit par terre et nous tourne le dos en ronchonnant, soit elle se couche sur le sol et se met à pleurer, soit elle s’éloigne, chouine, et se retourne vers nous avec de grosses larmes de crocodile qui coulent sur ses joues rebondies… Ou alors elle nous tape. Pas fort hein, mais en nous regardant droit dans les yeux.

Colère

Excellent exemple datant de décembre dernier …

Et là, voyez-vous, moi je ne peux pas rester indifférente. C’est plus fort que moi. Les grosses larmes, je ne supporte pas. Et puis qu’elle boude pour rien, encore moins. Alors je vais vers elle, et généralement en trente secondes chrono l’affaire est réglée. Elle se retourne vers moi, et me fait un grand sourire « made-in-Loulette », comme ça :

Sourire

Sérieux, comment tu veux résister à ça ?

Si elle me tape, je lui attrape la main, et la passe sur mon visage en disant « caresse ». Il n’en faut pas plus pour la faire sourire, oublier la crise et les raisons pour lesquelles elle a eu lieu, et passer à autre chose…

Finalement, elle est assez simple à gérer, notre dictatrice. On la laisse faire ce qu’elle veut, on répond sans problème à ses désidératas, et quand elle va trop loin on rigole et ça la fait rire à son tour. Mais attention à ne pas se moquer d’elle, parce qu’elle se vexe facilement et c’est reparti pour un tour!

En dehors de ses comportements de cheftaine, elle reste une petite poupette complètement adorable. C’est une petite fille hyper câline (même si elle passerait volontiers les 3/4 de son temps dans mes bras). Elle est de plus en plus autonome, joue seule la plupart du temps, s’affirme auprès de son frère en lui filant des beignes même lorsqu’il n’a rien demandé (mais lui, au contraire d’elle, a beaucoup de mal à jouer seul. Du coup, il la colle sans arrêt, donc elle réplique. Et se fait gronder. Un peu. Entre deux marrades.). Elle chante beaucoup, danse, lève les bras en l’air quand elle a réussi quelque chose, applaudit quand elle nous voir rire, demande à « amumer papin » (qui est toujours là, on fait durer …), fait de plus en plus de phrases (« Moi à haut Papi »), touche tous les boutons qu’elle trouve à sa portée (la machine à laver à déjà fait un cycle de 4 heures!), s’intéresse moins aux livres mais c’est pour mieux grimper les escaliers ou sur le canapé, sait descendre sur les genoux mais préfère se jeter dans nos bras (aie, mon coeur!), passe son temps par terre à câliner ses doudous, dis « d’acco » systématiquement quand on lui propose de faire quelque chose, et souvent « d’acco, ouaaiiis!!! » quand ça lui plaît vraiment (la sieste par exemple ). Elle adore que je la prenne dans mes bras quand je prépare à « manyer », puis crie « à ta » quand le repas est prêt. Elle réclame des « tatos » à toute heure de la journée, de plus en plus fort quand on ne lui répond pas tout de suite, mais dis « d’acco » si on lui explique que ce n’est pas l’heure. Pour revenir 5 minutes après.

Ma petite chipie, ma manipulatrice, ma bouille d’ange, mon adjudant-chef! Celle qui ne souffre aucun délai de réponse, aucun retard de réaction. Qui sait déjà dire le prénom de son frère, parce qu’il ne comprenait pas quand elle s’adressait à lui et qu’elle en avait assez. Qui est sans arrêt après nous : « Mamon! Maaamooon! MAAAMOOON! MAAAAMOOOON!!! » puis « PAAAAPAAAA!!! », juste pour être sûre que nous ne l’oublions pas.

Et ça, pour sûr, il n’y a aucun risque!!!

18 mois 2

Soldat Maman au rapport! A vos ordres, Chef!!!

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Article publié dans : « Loulette aux fraises »

11 réponses à “♥ Dictatrice en herbe ♥”

  1. natmum dit :

    oh je pourrais écrire nombre de ces phrases aussi pour mon tyran charmant de 15 mois …… courage, le plus dûr n’est pas passé 😉 le terrible two arrive…….

  2. Je reconnais un peu la Sucrette dans ta description.
    Elle est adorable mais sait déjà clairement ce qu’elle veut. Et ne manque pas de te le faire comprendre!
    Elle adore qu’on s’occupe d’elle et exige (en douceur) qu’on lui fasse la lecture, qu’on lui sorte son bureau de coloriage.
    Comme pour la tienne c’est difficile de résister car elle accompagne souvent ces demandes de sourires et d’éclats de rire.
    Je me demande ce que donnera le fameux terrible two…
    Elle a l’air trop mimi ta fille en tout cas 😉

  3. L’option : « Je ne suis pas d’accord, donc je me jette par terre à grands renforts de cris et de pleurs » est aussi disponible sur ma princesse. Pas de « là », ni de « acore » par contre mais un « j’ai
    pas envie » catégorique.

  4. Ptisa dit :

    ils nous font passer pour quoi ces gros bébés, hein ???
    trop génial pour le bain. Pour le reste, ici on a une discipline de fer : ha tu ne veux pas faire comme je dis, alors tu ne manges pas et tu vas dans ta chambre, tu nous appelleras quand tu seras
    calmée. Il faut tenir le coup plus long qu’elle et ça marche !! Pour les desserts et autres gourmandises, c’est simple, on en a le minimum. Au dessert c’est des fruits, et quand on est content du
    comportement à table, elle a droit à une surprise (genre yaourt au chocolat). Si elle ne mange pas, elle mangera demain !

  5. Ptisa dit :

    avec ma méthode elle ne se couche pas l’estomac vide, elle finit par céder. C’est parce que moi, psychologiquement, je sais que ce n’est pas grave qu’elle ne mange pas, que je tiens le coup. Pour
    ce qui est de finir son assiette, je me demande si on ne la remplit pas un peu trop, je pense qu’en en mettant moins, on aurait tous la satisfaction de voire l’assiette vidée, et elle la première,
    non ? J’ai du mal à doser, ils n’ont pas tous le même appétit !

  6. J’ai l’impression d’avoir reconnu ma chouquette dans chacun de tes mots… je crois qu’elles sont en phase ces deux là. Je nous souhaite du courage!

  7. Maman Crotte dit :

    En résumé, une vrai pestouille. Comme ma fille 🙂
    Chez nous c’est le tendage de bras en miaulant ‘Calinnnnnnnnnnnnnnnnnnnn’

  8. parleamamere dit :

    Hum j’ai l’impression de lire une description de cupidon ^^
    C’est un enfant adorable, super calin, très gentil et poli (merci, pardon, titeplait) mais quel dictateur !
    Et sur tous les points ! La dernière fois que j’ai fait les magasins avec lui, il râlait quand je m’arrêtais : « Allez maman ! NON ! » pour que je continue à avancer !
    Je pense que ce sont les enfants très autonomes aussi qui ont tendance à avoir un caractère affirmé et vouloir que ça marche comme ils veulent^^
    Du coup souvent j’essaie de lui expliquer longuement pourquoi ça peut pas toujours aller comme IL veut ou détourner la situation quand il refuse en proposant un choix, qu’il ait l’impression de
    décider même si c’est chaussons rouge ou chaussons bleu tant qu’il met ses chaussons j’ai gagné lol

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