malise
15 janvier 2013
Quand le corps ne répond plus …

Combien de fois ces derniers temps vous êtes-vous dit : « Stop. Je n’en peux plus. Je dois faire quelque chose! » ?

 

Honnêtement ?

 

Moi, des dizaines de fois.

 

Mais l’avez-vous fait, réellement ?

 

Avez-vous appuyé sur le bouton « pause », histoire de récupérer ? Avez-vous pu confier vos enfants à quelqu’un d’autre / prendre une journée de congé rien que pour vous et passé cette journée à ne
vous soucier que de vous-même / vous coucher beaucoup plus tôt ou vous lever beaucoup plus tard pour une fois ? (aucune mention inutile à rayer).

 

Je suis sûre que vous me donnerez toutes la même réponse, la même que celle que je vous donnerai : NON! (Si c’est oui, bravo, et surtout je vous envie!)

 

NON! Parce que tout le monde n’a pas la possibilité de confier ses enfants.

NON! Parce que les jours de congés et les RTT (quand on en a) sont réservés pour les vacances en famille, pour la garde des enfants malades, et pour les jours où il pourrait y avoir un souci avec
l’école et où la Nounou serait indisponible.

NON! Parce qu’on a trop de boulot, parce qu’on est indispensable, parce que le ménage ne se fait pas tout seul, parce qu’il faut penser aux repas / aux lessives / aux courses / aux papiers / à
l’intendance / à la logistique /au bon fonctionnement de la maisonnée (non non, aucune répétition!).

NON! Parce que quand les enfants sont dans les parages il ne faut même pas imaginer avoir une seconde à soi. La sieste ? Oui, en effet, et c’est la sieste qui va ramasser tous les jouets
éparpillés, trier les vêtements, finir la vaisselle, tondre la pelouse ou réparer le lustre (oui, chacun son boulot, et les Papas aussi peuvent être fatigués!) ?

Non! Parce que finalement tout ne va pas si mal! Après tout, j’assure, j’assume, je suis une bête! Et puis les autres y arrivent, alors pourquoi pas moi ?

 

Mais. Bien. Sûr.

 

Voilà des semaines (mois ?) que je ne vous parle que de cela. De cette fatigue lancinante que je n’arrive pas à vaincre. Que chaque matin je me lève avec l’impression d’être passée sous un
rouleau compresseur, encore plus fatiguée que la veille si jamais c’était possible. Que je passe ma journée à espérer le moment où je poserai ma tête sur mon oreiller, et que je bâille à peu près
100 fois par heure à m’en décrocher la mâchoire. Que je profite des siestes des enfants le week-end pour récupérer, et me fais me réveiller par eux alors que j’aurais sans problème pu continuer
jusqu’au lendemain. Que la moindre contrainte me contrarie et me parait insurmontable. Que je suis irritable, et que je m’emporte pour rien. Que je ne supporte plus ni mes enfants ni mon
Amoureux. Que je n’ai plus envie de rien, sauf de me coucher et de fermer les yeux.

 

Si je fais le bilan des 4 dernières années, je ne peux pas vraiment dire que j’ai chômé. Un nouveau boulot, un 1er déménagement, 2 grossesses avec tous les hauts et les bas que cela signifie, 2
accouchements dont 1 particulièrement « percutant », 2 allaitements pas toujours faciles, un 2ème déménagement (pourtant assuré à près de 90% par mon Homme, que je sois franche). Beaucoup de
pleurs, beaucoup de cris, un nombre de nuits blanches ou de nuits malmenées incalculable, des trop plein d’émotions, des bonheurs immenses. Une vie chamboulée, chahutée. Plus de repères, et des
nouveaux si difficiles à trouver. Et moi au milieu de tout ça ? Moi toute seule. Où suis-je, maintenant que nous ne parlons plus qu’en terme de nous 2, nous 3, nous 4 ?

 

Ces vacances de Noël ont été particulièrement difficiles. Lentement, insidieusement, la fatigue a pris le pas sur mon esprit. Cette trop grande fatigue, j’ai commencé à lui donner un nom qui ne
me plaisais guère, mais qui reflétait pourtant bien la réalité : dépression. L’impossibilité de réagir. La manque d’envie de faire quoi que ce soit. Les pleurs qui viennent sans arrêt, sans
raison particulière. Un gouffre sans fond.

 

J’avais beau me secouer, me raisonner, regarder toutes ces jolies choses qui font ma vie, me rendre compte de ma chance, rien n’y faisait.

 

Et puis, mercredi dernier, un 1er signe. Un réveil nauséeux. Une nuit agitée, faite de frissons. Jeudi, une énorme migraine, qui ne me quitte pas. Vendredi matin, une course pour attraper mon bus
dont je mets 1 heure à me remettre. Me voilà obligée de réitérer vendredi soir. Je cours 20 mètres à peine, et je me retrouve sans souffle, alors que je courrais 1 heure par semaine jusqu’à
l’automne dernier. J’ai la gorge en feu, le coeur qui brûle, la tête qui va exploser. Je dis à mon Amoureux que je couve quelque chose, je ne sais pas quoi, et arrivée à la maison j’ai juste le
courage de me porter jusqu’à mon lit …

 

J’en suis ressortie ce matin.

 

3 jours couchée, avec ma polaire, mon pantalon de survêtement et mes chaussettes. 3 jours à voyager virtuellement entre le froid des banquises et la chaleur du désert, à faire le grand écart des
sensations corporelles. 3 jours à ne me lever que pour me sentir un minimum utile en faisant cuire une casserole de riz pour la petite famille, puis à retourner me coucher illico. 3 jours à vivre
sur mon radeau, au son des rires et des cris des enfants, et à ne dormir vraiment que lorsque eux le faisaient aussi. 3 jours de régime express, moi qui en parlais vendredi, je ne croyais pas si
bien dire! D’ailleurs, pour celles qui seraient tentées, sachez que 3 jours sans manger ne fait pas mieux entrer dans son pantalon. Non. Par contre, aujourd’hui je me sens comme une petite
vieille arthritique (enfin, j’imagine), en ayant un peu mal de partout et le dos en compote …

 

3 jours à strictement ne rien faire (si, je me suis lavée) (hier) (hum), me requinquer, à lâcher prise, à laisser mon Amoureux tout gérer avec brio (le pauvre!).

 

La grippe, peut-être, mais sans fièvre ? Un gros gros rhume ?

 

Je ne sais pas. J’ai juste l’impression que mon corps a su dire stop quand mon esprit le refusait. Qu’en me voyant laisser s’accumuler les tensions, l’épuisement, le mal-être et ne pas réagir, il
a décidé de ne plus me laisser le choix. Que le physique a pris le pas sur le psychique, pour éviter que cela n’aille trop loin.

 

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C’est une drôle de vision, n’est-ce pas ? Un trop-plein de sommeil qui me rendrait mystique ?

 

Non, rassurez-vous. Je sais juste qu’aujourd’hui, sans être complètement reposée, je me sens enfin dans le bon sens de la marche. Que là où je voyais une dépression, il n’y avait peut-être bien
qu’un intense surmenage.

 

Je vais prendre les choses en main, et je vais la remonter, cette pente!

 

Non mais!!!

 

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Quand le corps ne répond plus …:
Combien de fois ces derniers temps vous êtes-vous dit : « Stop. Je n’en peux plus. Je dois faire quelque chos …

24 réponses à “Quand le corps ne répond plus …”

  1. natmum dit :

    je connais cette horrible sensation qui donne l’impression que ……… pfff tout devient trop difficile……. et alors oui il faut savoir lâcher prise… le mieux serait de réussir à le faire
    avant que notre physique se rappelle à nous… comme ça au lieu de passer du temps malade sous la couette, on pourrait sans doute se détendre ….oui mais…… c’est toujours plus facile à dire
    qu’à faire…
    gros bisous tonifiants tiens !!! juste pour TOI !!!

  2. Ptisa dit :

    Tiens, on dirait ma vie ! c’est vite fait de coller de la dépression … depuis le 1er janvier sur FB je compte le nombre de nuits dormies depuis le 1er janvier, j’en suis à 4,5 sur 14, des fois je
    me dis que si je tombe je ne me relèverai pas. J’ai posé un jour de congé pour le 7/02 pour rester à la maison et dormir (même pas me laver lol). J’attends qu’on me l’accepte. La dernière fois que
    j’ai fait ça je me suis retrouvée 3 jours coincée à la maison avec ma fille qui avait la gastro, pile en même temps, alors je ne me fais pas trop d’illusions …

  3. Et ben ma pauvre… t’as pas voulu prendre rdv chez le doc quand même? J’espère que c’était juste un gros coup de pompe et merci à ton amoureux d’avoir géré pendant ton « gros dodo ».

  4. Je crois que tu as tout compris : ton corps a pris le pas sur ton esprit pour t’imposer ce dont il avait besoin !
    Une amie à moi a connu la même chose. Depuis elle délègue davantage à son homme pour pouvoir souffler un peu chaque jour, trouver un autre rythme plus raisonnable.

    Si je te dis que je peux répondre Oui à tous les points que tu mentionnes au début, tu comprends pourquoi je me sens bien ces derniers temps (enfin, quand les microbes font une pause) ?

  5. coucoumaman dit :

    Moi je suis restée bloquée à « Mystique ». C’est joli ça.
    T’es une mystique 🙂

    Repose toi ma ptite dame.

    Là !

  6. MaCyMa dit :

    Heureusement que le corps est là pour nous obliger à prendre soin de nous.
    REpose toi bien !

  7. Effectivement ton corps a crié grâce à maintes reprises et tu ne l’as pas écouté. Il a donc du passer en force pour te faire passer le message.
    En même temps je me retrouve dans cette situation où tu dois tout gérer à la fois et que tu ne sors plus la tête du guidon. Et encore, moi pour l’instant je ne bosse plus (argh!) et je n’ai qu’un
    enfant…

  8. lili dit :

    Ben alors, je viens de lire apres t’avoir envoyé mon mail, ma pauvre… je sais ce que c’est je compatis drolement. J’envie ces mamans qui peuvent souffler, laisser un peu les enfants, se reposer.
    j’en reve, ne serait ce que e temps d’une sieste… je suis contente de lire la fin, que tu ailles mieux, vraiment, bisous

  9. pauline k dit :

    Comme d’hab, j’ai l’impression que tu parles de moi. Sauf que moi, j’ai pas un déménagement derrière…
    Mon corps m’avait fait pareil quand ma petite 2e avait quelques mois. Clouée au lit aussi!
    Tu as écouté ton corps et faudra le faire davantage à présent 🙂

  10. ecoquillette dit :

    Cette pause salvatrice, j’en rêve… mais pas au fond de mon lit c’est sûr! Plein de bonnes ondes pour toi! Récupère vite et surtout continue de t’écouter!!

  11. minouchkaïa dit :

    de la dépression, je ne sais pas, mais du surmenage, ça semble évident (reconnaître ce qu’on connaît bien…). Cette grippe, tu l’aurais peut-être attrapé de toutes façons, même en pleine forme,
    mais si cette fois-ci cela a pu te faire prendre conscience (et à ton homme aussi!), eh bien, à quelque chose malheur est bon. J’espère que tu vas mieux, fais quand même des analyses (un peu de
    vitamines et de mineraux, ça aide si besoin). Une fois de plus, ton blog te permets et nous permet de réaliser à quel point nos vies de mamans en 2013 s’apparentent parfois à des parcours de
    combattantes alors qu’on aimerait vivre plus simplement et sans tout ce stress.Et les petits « décrochages » ou décompensations nous font réfléchir à ce qui est important et ce qui l’est moins, au
    quotidien et à l’essentiel. Courage, après la pluie, le beau temps!

  12. J’aime comment ton article s’est terminé ! Cà me rassure pour toi que tu aies la volonté de te prendre en main. Bon courage, repose-toi bien ! Grosses bises.

  13. chouf dit :

    Le corps est pas trop mal fait parfois, il sait donner l’alerte quand la raison déraisonne…..
    En espérant que tu ailles de mieux en mieux!

  14. Sugar dit :

    Je me reconnais tout à fait dans ton texte, mis à part que je n’ai pas d’enfants.

    Le corps a beau envoyer des messages pour qu’on lève le pied, mais on les ignore et un jour il crie STOP. Et plus on persiste à vouloir se dépasser, plus longue sera la « guérison ».

    C’est important de prendre du temps pour soi, pour se relaxer et se changer les idées. Essaye peut-être la sophrologie, ca relaxe, on positive et ca aide à évacuer les tensions physiques /
    nerveuses.

  15. sofy dit :

    il faut savoir se reposer malgré tout : l’homme, les enfants (qui peuvent comprendre si on leur explique que la on veut dormir/faire une pause ect), les choses importantes/urgentes (le sont elles
    vraiment), les devoir / le taff… la tu es allée bien trop loin pour ton corps et ton esprit.
    il ne faut pas y retourné, apres tout nous ne sommes pas des machines 🙂
    courage et du repos !

  16. Lucky Sophie dit :

    Oh oui en ce moment aussi je me sens épuisée… et mon lit me tend les bras ! 😉

  17. Mlle Ju dit :

    Moi j’ai eu un coup de moins bien en 2011, à tel point que mon médecin à voulu me coller trois jours d’arrêt de travail que j’ai refuser et qu’au final j’aurais du prendre. J’avais le corps
    tellement en compote que j’avais l’impression d’avoir un ressort hyper tendu au point de casser. Verdict des annalyse: une énorme carence en vitamine D et quatre mois de traitement (merci ma mère
    d’avoir la même chose).
    En tout cas courage et tente de te reposer un peu 🙂

  18. Je me reconnais plus que bien dans ton article… Pareil, en quatre ans, deux grossesses, deux allaitements longue durée, un déménagement, du boulot à gogo, un Master et des nuits hâchées
    impossibles à compter!!! Il m’est arrivé quelque chose de semblable à ce que tu décris, je me sentais fatiguée mais je ne me laissais pas le droit de craquer. Une nuit je me suis réveillée en
    sueur, je tremblais puis je pleurais, je ne savais pas ce qui m’arrivait… Il m’a fallu deux jours pour « reprendre du poil de la bête », laisser mon corps lâcher prise pour mieux recommencer…
    C’était très difficile mais par chance, mon mari était là aussi! Maintenant ça va bien mieux, j’ai pris un mi-temps depuis le 1er janvier et je récupère progressivement. Je te souhaite beaucoup de
    courage!

  19. laora dit :

    Bonjour, je decouvre ton blog et cet article m’a beaucoup interpellée…
    je suis comme vous toutes, prenant toujours sur moi, puisant dans mes ressources, occultant certaines choses pour mieux m’occuper de mon fils, pour gérer la maison, les papiers,…
    On s’oublie, on se néglige, on ternie et surtout on s’amuse de moins en moins… on craque parfois et on se dit demain ça ira mieux. il le faut.
    Et puis un jour, alors qu’on fait encore face à des problemes difficiles, une tierce personne vous dit : vous allez tout perdre à ce rythme il faut vous faire aider.
    Et voila, un arret pour depression et des médocs pour tenir le coup…
    à 29 ans c’est quand même triste, et ça ne m’arrivera plus. Ton article est comme une bouée de sauvetage, alarmer les gens sur le burn out, la dépression, la fatigue physique mais surtout morale et
    intellectuelle, qui guettent le moment de faiblesse, c’est très important.
    Alors bravo pour ton article et merci !

    Je vais suivre tes écrits de près donc ! ^^
    Laora

  20. Magapa dit :

    Je me reconnais bien aussi dans ton article! J’ai aussi craqué et suis tombée malade le 1er janvier, 3jours couchée au lit et une semaine pour m’en remettre…
    Ca m’a permis de prendre conscience que je faisais trop de choses, alors j’ai pris la décision d’abandonner un de mes projets pour me recentrer sur ce qui est vraiment important: ma santé et ma
    famille, on a qu’une vie après tout!
    Je te souhaite bon courage et bon « rétablissement ».

  21. Déborah dit :

    Ton article m’a donné des frissons partout…… C’est vrai que ces moments de trop-plein arrivent plusieurs fois dans une vie. Ce qui me fait peur c’est quand il y a des enfants en plus ! Je suis
    enceinte du premier qui devrait arriver d’un jour à l’autre et j’ai l’impression d’avoir déjà vécu ce que tu racontes. Qu’est-ce que ça sera par la suite? Courage, l’hiver est aussi une saison
    parfois difficile à affronter.

  22. FleurDeMenthe dit :

    Je suis contente de découvrir ton blog, mais triste que ce soit par un billet si difficile, même s’il se finit sur une pointe d’espoir et un coup de fouet !!
    Je me retrouve dans ce que tu dis. Mon corps s’est réveillé un soir au boulot, suite à une contrariété, je me suis mise à pleurer comme je ne m’en souviens pas, sans pouvoir m’arrêter. Résultat : 3
    heures de pleurs non stop, et une réputation à refaire ! J’ai ensuite dormi 12h, puis 2 jours à arrêter tout ce que je faisais et que je ne supportais plus (tâches quotidiennes, mais surtout ces
    révisions de concours qui prennent tout mon temps libre à côté du boulot). J’en étais arrivée à un point où j’en rêvais (j’en rêve toujours) la nuit… Bref, deux jours où j’ai dormi, dessiner, et
    créer un tout nouveau décor dans les toilettes. Un mini changement de décor qui m’a fait un bien fou.

  23. laora dit :

    Je fais suite à ta réponse, et sans te connaitre je vais te donner un conseil : écoute toi, oublie les bonnes manières et les responsabilités, repose toi vraiment, ne pense plus à ce que tu dois
    faire, et fais ce que tu as envie de faire !
    Il ne faut pas rester à dormir non plus, meme si tu es fatiguée, il faut s’aérer, se balader, se vider la tete, dévorer des livres, faire des calins aux enfants et boire des chocolats chauds ! Tu
    vas te ressourcer de cette manière là, faire le plein d’énergie en riant et te sentant à nouveau légère !
    Je te jure ça marche, et en une semaine j’ai repris le dessus, et me revoila au boulot !

    des bisous et un grand courage pour tout ça !

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