malise
28 janvier 2013
Le sommeil des enfants (et donc le nôtre, par conséquent!)

Dans le métro l’autre jour, j’étais en face de deux jeunes femmes qui discutaient. L’une d’entre elles avait sur ses genoux un petit garçon qui devait avoir un peu plus de trois ans. Elle expliquait que son conjoint ne s’occupait que très peu de leur enfant, mais qu’il faisait très souvent la sieste avec lui, ce qu’ils semblaient adorer tous les deux …

J’avoue que ce petit bout de conversation anodine m’a fait pas mal cogiter. Je me suis dit que c’était vraiment super de pouvoir faire une sieste AVEC son enfant, chose que nous ne faisons jamais. Parce qu’avec le temps, avec un premier enfant qui s’est toujours réveillé très tôt et qui considérait le fait de venir dans notre lit le matin comme la pire des punitions (il hurlait dès qu’on le déposait entre nous), puis un second qui ne fait toujours pas ses nuits (bah non, toujours pas … Je ne vous l’ai pas dit ?), j’ai maintenant un rapport au sommeil particulièrement … « compliqué ». Oui, c’est bien le terme qui convient. Avec peut-être les mots angoisse, stress, appréhension, inquiétude, nervosité, etc, etc.

Quand nos amis ont commencé à avoir des enfants, la question du sommeil ne venait que très peu dans les conversations, à part lorsqu’il s’agissait de nous rappeler qu’on ne pouvait pas se voir avant 17h00 parce que le petit faisait des siestes de trois heures ou plus. J’avoue donc que nous nous sommes lancés dans la grande aventure sans trop nous soucier du sujet. Quels grands naïfs nous avons été! En même temps, il faut bien reconnaître que ce truc-là, c’est un peu comme une grande loterie à laquelle on participerait sans l’avoir décidé. Il y a donc les grands gagnants, ces vendus, qui ont le gros lot (des enfants qui font leurs nuits tôt, qui ne se réveillent pas, qui font de vraies siestes) par hasard et qui ne se rendent même pas compte de leur chance. Et il y a les autres, comme nous, les loosers, qui en bavent sans avoir signé …

Avant d’avoir des enfants, je dormais bien. Oui je sais, c’est dingue, j’arrive même à m’en rappeler sans trop de nostalgie. Je pouvais faire des grasses matinées sans problème, me lever à 13h00 ne me dérangeait pas, et des nuits de sept heures (rares, normalement c’était plus) étaient de vraies nuits de sept heures. Je m’endormais comme une masse dès que je posais la tête sur mon oreiller, et en général je dormais d’une traite jusqu’à ce que mon réveil ne me sorte de ma torpeur.

Mais ça, comme dirait l’autre, c’était avant.

Avec mon fils, les premiers mois ont été difficiles. Le cododo ne m’a pas convenu du tout (nous dormions tous les deux dans un grand lit dans sa chambre), j’avais beaucoup de difficultés à gérer ses crises de coliques, et il a mis assez longtemps à accepter de faire des siestes ailleurs que sur moi.
Un peu plus tard, ce sont les réveils en hurlant, très matinaux, qui se sont mis en place, puis les micro-siestes qui se terminaient elles aussi par des crises pouvant durer plus longtemps que la sieste en elle-même.

Je crois que c’est à ce moment-là que j’ai commencé à redouter le moment des siestes. Soyons claires, il y a quand même peu de Mamans qui peuvent dire qu’elles n’attendent pas avec impatience ce moment de répit, celui où elles pourront (enfin) faire autre chose que de gérer leur bambin. Je me trompe ? Et bien moi aussi, naturellement. Sauf que la plupart du temps, je passais ce temps-là l’oeil sur l’horloge, à me dire qu’il n’allait pas tarder à se réveiller, et à me demander comment faire pour que son réveil se passe bien.

Le temps a passé. Nous l’avons emmené chez une pédo-psychiatre, puis chez un médecin spécialiste du sommeil. Nous avons consulté sa pédiatre, qui nous a dit que certains enfants se réveillaient très bien, et d’autres… non, mais que l’on ne pouvait rien y faire. Nous avons tenté les veilleuses, la musique, les explications avant chaque dodo (« Tu sais parler maintenant, tu peux nous appeler, on viendra tout de suite, ne t’inquiètes pas! »).
Finalement, c’est le fait d’ouvrir sa porte qui a solutionné le problème. Du jour au lendemain, plus aucuns pleurs, plus aucuns cris (ou en tout cas très peu). Loulou se réveillait, puis sortait de son lit tout seul et descendait nous rejoindre. Ou venait nous chercher, les matins.
Vous ne pouvez pas imaginer quel soulagement cela a été. Comme c’était doux, après des mois et des mois de réveils par des hurlements, et de crises après les siestes, de le voir débarquer tout sourire. Dès lors, son temps de sieste a même commencé à se rallonger. On s’en était sortis!

Et voilà que depuis le déménagement les choses sont redevenues comme avant. Pas un réveil qui ne se fasse sans qu’il hurle. Pas une sieste qui ne s’achève sans larmes. Sans parler des nombreux réveils nocturnes dûs à des cauchemars. L’angoisse est revenue … D’ailleurs, si vous qui me lisez vous avez des pistes pour que nous trouvions enfin une solution, s’il-vous-plait, n’hésitez pas à partager. Je vous en serai vraiment très reconnaissante. Allez, pour vous vous remercier, je ne parlerai plus de sommeil, tiens …
Huuum, bon d’accord, presque plus!

Avec ma fille, j’en ai déjà parlé longuement, je ne reviendrai pas dessus. Nous n’avons aucune explication à ses réveils nocturnes, mais nous savons qu’elle peut faire des nuits complètes car il n’est pas rare qu’elle nous fasse ce cadeau plusieurs jours voire semaines de suite (dit celle qui n’a pas eu le droit d’aller reposer ses yeux avant 3h30 samedi, no comment!). Ses siestes se passent toujours très bien, elle dort parfois jusqu’à trois heures d’affilée.

Rien de bien dramatique, en somme. Rien que de très banal.

Sauf que je me rends compte aujourd’hui que j’ai perdu toute légèreté, toute sérénité. Je n’arrive plus à prendre les choses telles qu’elles devraient être, c’est à dire tout-à-fait naturelles. Je vais coucher les enfants en croisant les doigts pour que la sieste se passe bien. Je commence ma soirée en me demandant quand va avoir lieu le premier réveil. Je vais me coucher, déjà stressée à l’idée de devoir me relever, m’habiller, aller bercer plus ou moins longuement. La nuit, dès que quelque chose me réveille, je me surprends à cesser de respirer pour mieux écouter, le coeur battant la chamade. Je hais les matins, synonymes de hurlements …

Jamais, au grand jamais, je ne m’aventure à dormir avec eux en journée, et de moins en moins la nuit avec ma fille. Elle se réveille, mais a bien compris que son lit est plus confortable que le canapé, même à mes côtés. Nos déboires nous ont conduits à avoir une attitude qui va à l’encontre de ce que nous aurions souhaité pour nos enfants. Nous aurions aimé les emmener partout avec nous, les coucher sans difficulté quel que soit l’endroit. Dans la réalité, nous ne pouvons que les coucher dans des pièces sombres, surtout pas de lumière sinon pas de sommeil. Ma fille déteste les lits parapluie, et ne s’endort que très rarement lorsque nous ne sommes pas chez nous. Quand nous partons en vacances, nous étudions attentivement l’organisation du futur logement afin de nous assurer que le grand ne réveillera pas la petite, que la petite pourra dormir dans le noir et accessoirement dans un lit qui pourra m’accueillir (surtout pas de lit parapluie)(ah, je l’ai déjà dit!)(oui, c’est particulièrement peu pratique). Honnêtement, je crois que si on me disait qu’en les mettant sur un matelas à eau posé sur des boîtes d’oeufs en cartons avec une couette Dora ça leur donnerait un sommeil au top, je crois que je le ferais! (non, je ne sais pas où je suis allée chercher tout ça!)(et oui, je vous confirme, j’en suis là …)

Bref, en résumé, je suis devenue une stressée du sommeil, une angoissée du réveil, une névrosée de la fatigue! Et le pire dans tout ça, comme je le disais l’autre jour, c’est que quand tout se passe bien, je trouve le moyen de mal dormir parce que je me demande si tout va bien. Ou que lorsque nous ne les avons pas, je suis incapable de faire une grasse matinée alors que j’en rêve, parce que j’ai pris l’habitude d’être réveillée tôt!

Heureusement, mon médecin m’a rassurée en me disant que cela n’était pas de ma faute. Que mon organisme, à force d’être réveillé la nuit ou le matin tôt, s’était habitué à ce rythme et avait du mal à inverser la vapeur. C’est rassurant, non, de se dire que ce n’est pas de sa faute ? Ouais … Le problème, c’est que ça ne change pas la donne, et encore moins le sommeil des enfants!

Je dis souvent en plaisantant que j’ai hâte qu’ils grandissent et se mettent à dormir tard le matin, comme ça je pourrai prendre un malin plaisir à aller les réveiller … Et bien vous savez quoi ? Je crois qu’en réalité, je ne plaisante pas!

Même pas en rêve!!!

Rendez-vous sur Hellocoton !
badge mapage hellocoton 125x25 white

Article publié dans : « Dormira ? Dormira pas ? »

10 réponses à “Le sommeil des enfants (et donc le nôtre, par conséquent!)”

  1. mon-nid dit :

    Hum… Je n’ose pas le dire, mais je fais partie des veinardes… Celles dont les 3 enfants ont fait leur nuit à la sortie de la maternité (ou 4 jours après pour le second…). Je n’ai donc pas
    trop mon mot à dire, mais si je te dis tout simplement que je suis de tout coeur avec toi, tu me crois ? Ca vient du fond du coeur, vraiment.

  2. Emma June dit :

    Avec MisterBB, c’est subtil et aléatoire. Il n’a pas fait de vraies siestes avant ses 6 mois (mais se réveillait de bonne humeur). Pour ensuite, être difficile de temps en temps au coucher et/ou
    pendant la nuit et toujours léve-tot (quelque soit l’heure du coucher). Je reste sur le qui-vive même la nuit car il n’y en a pas une qui ressemble à l’autre et donc, hum..jsuis fatiguée en
    général! Même si MisterBB dort bien. Donc je comprends tout à fait. C’est la loterie comme tu dis!

  3. minouchkaïa dit :

    tu sais bien comme je compatis à tout cela..et je n’ai absolument aucun conseil à donner en la matière;les pleurs au réveil, j’ai connu aussi, et ça ne fait pas si longtemps que la grande a arrêté.
    Mes nuits sont devenues chaotiques, rares celles où je ne me lève pas au moins une fois, aucune où je ne sois pas ne serait-ce que « réveillée », parfois même sans bruit…!). Moi aussi je dormais
    bien, avant. Pourtant mes filles dorment bien ! La petite a fait ses nuits à 2 mois, elle peut dormir 12 ou 13h sans le moindre réveil, mais ces derniers temps (ou quand les dents, ou quand nez
    bouché ou toux) elle va couiner une, deux, trois fois ou plus, on laisse toujours passer un peu de temps avant d’intervenir (souvent ça marche), jamais trop longtemps de peur qu’elle ne finisse par
    réveiller son aînée (c’est THE problème dès qu’il y a plus d’un enfant qui dort). Une remise de doudou dans les bras, voire même seulement un petit mot depuis la porte, et ça suffit, on peut se
    recoucher en espérant ne pas avoir à refaire la même chose dans une ou deux heures…et essayer de se rendormir, et ça c’est une autre histoire. Pour la grande, plus d’anxiété, des demandes de
    câlins inopinées -mois fréquentes maintenant, heureusement- des doudous tombés du lit, une envie de pipi, un cauchemar -pas trop fréquents non plus-, et c’est reparti pour un autre saut du lit dans
    le froid de la nuit..Finalement, c’est pas bien méchant, mais mis bout à bout, c’est 2 fois plus motifs de réveil nocturne, un rythme de sommeil complètement en vrac, à tel point que je ne demande
    même pas de grasse mat’ mais simplement retrouver des nuits complètes et nombreuses. Le bilan, c’est la fatigue bien sûr, mais quand même l’espoir que ça change peu à peu(c’est déjà le cas). Je te
    souhaite aussi que ça évolue vite (ça finira forcément par changer, mais dans combien de temps ?). En attendant, relayez-vous au maximum pour tenir le coup. Bonne chance, et patience..

  4. Magali dit :

    Oh que oui, comme je m’y retrouve une fois de plus dans ce que tu racontes. (pour mémoire j’avais laissé un commentaire à ton post sur l’allaitement :)). Le sommeil, quelle histoire … Comme toi
    on a pioché le « mauvais » lot, sauf qu’à la différence de toi, je n’ai pas deux enfants, mais quatre !!! Depuis 10 ans je vis ce que tu vis. Ma vie nocturne est passionnante, je connais les
    habitudes des voisins, je peux dire l’heure qu’il est au milieu de la nuit rien qu’à la luminosité … et surtout notre vie tourne autour de ça. Surtout pas de sorties qui pourraient perturber la
    sieste, pas de dîner le soir chez les copains car nos enfants ne s’endorment jamais (pas de lit parapluie surtout !!) et après c’est le bazar pour qu’ils s’endorment … La fatigue, on apprend à
    vivre avec, de toute façon pas le choix, mais parfois ça me déprime de voir le retentissement des mauvaises nuits sur notre qualité de vie et le quotidien … tout serait bien plus rose si les
    nuits étaient à peu près complètes (tu as vu, j’ai dit à peu près, je ne suis pas difficile!). Pour conclure mon roman, sache que mon grand de 10 ans dort toujours aussi mal, mais il ne nous
    dérange plus au moins, il fait sa vie. Je le vois passer parfois devant moi à trois heures du matin alors que je suis en train de bercer la petite dernière de 20 mois. Pour les réveils de ton
    garçon, ça doit être le changement d’endroit non? Il doit avoir du mal à retrouver ses repères au réveil dans votre nouvelle maison. Bon courage, et sache que tu n’es pas toute seule !!

  5. Ptisa dit :

    je te comprends bien ! Avec Violette tout était « normal », elle s’endormait en jouant dans son lit avec une veilleuse et quand elle se réveillait, elle recommençait à jouer dans le noir et on allait
    la chercher. Quand elle a pu parler elle nous a appelé. Elle a interdiction de sortir de son lit et bizarrement, elle respecte. Avec Nelly c’est plus compliqué, même si elle a fait ses nuits tôt,
    dans la journée, au bout de 20 minutes c’est fini, la pédiatre a expliqué que 20 minutes c’est la durée d’une phase de sommeil et que le passage d’une phase à l’autre pouvait réveiller, c’est comme
    ça. Donc bébé qui ne dort pas assez et toujours grognon. On va dire que ça s’arrange elle dort plus longtemps maintenant mais toujours pas suffisamment. La qualité du sommeil est importante, elle
    dort mieux chez la nounou ou quand je suis seule avec elle. Comme elles dorment dans la même chambre c’est compliqué : Violette fait la sieste dans son lit et Nelly avec moi dans le notre.
    Généralement quand elle est endormie je la remet dans son lit sans souci, mais souvent elles dorment en décalé donc je la garde avec moi à la sieste. Si on dépasse une heure c’est champagne ! La
    période des cauchemars de Vio a cessé pour l’instant elle ne crie plus la nuit. Je pense que le déménagement est un grand changement et qu’il faut peut être lui organiser son lit avec jouets,
    lumières etc. qui le rassure. Sinon, en voyage il y a des âges où ils sont tellement excités que c’est la galère. On préfère arriver dans le nouvel endroit le matin pour qu’elles s’habituent et
    fassent la sieste dans les nouveaux lits, comme ça si c’est la foire, ça ne le sera pas la nuit !

  6. Ptisa dit :

    je crois que j’ai raté mon 2ème com’
    mon conseil de maman qui dort pas : pas de stress, il va forcément se passer quelque chose et c’est à peu près tout le temps pareil, donc on gère et c’est déjà pas si mal !! 😉

  7. Chouf dit :

    ho la la mais tu sais que je compatis A MORT!!!!
    je n’ai pas exactement le même problème, mais le sommeil qui doit normalement être source de repos et détente n’est plus….
    Courage, je n’ai pas d’idées pour toi, si ce n’est que je crois que j’irai prendre un autre avis médical…..
    Bisous et courage!!!

  8. kilika dit :

    Bonjour,
    je me reconnais dans ton article.
    mon fils etait un bebe RGO qui n’a jamais bien dormi, il a commence a faire ses nuits quand il a eu 2 ans, et aujourd’hui a 2 ans et demi se reveille une nuit sur deux je dirai en moyenne et est
    souvent tres long a rendormir. Mais il y a aussi sa petite soeur, 10 mois aujourd’hui, mini 2 reveils par nuit, j’ai dit minimum! Le plus souvent c’est 3 ou 4. Mon homme se leve a 5h30 tous les
    matins pour travailler et mon « grand » ne se couche pas avant 22h au plus tot. Apres ca j’essaye de prendre un peu de temps pour moi, je me couche a 23h30/minuit…
    La semaine derniere ma fille a dormi sans se reveiller jusqu’a 5h du matin, j’ai dormi 5h d’affilee, quel bonheur, ca faisait des mois que ca ne m’etait pas arrive, au matin j’etais en pleine
    forme! Si seulement ca pouvait arriver plus souvent, mais non, c’etait un « accident »!
    bref. Je suis epuisee… J’espere qu’avec le temps les nuits seront meilleures…!
    Courage a nous toutes!!

  9. Ma chère Malise,
    Tu le sais, on partage le problème. Et on sait toutes les deux combien c’est pénible et usant…
    M’enfin, depuis une quinzaine de jours, j’ai trouvé un truc qui marche pas trop mal sur n°2. Ca durera ce que ça durera mais je ne peux m’empêcher de partager avec toi la trouvaille.
    Il s’agit de Fleurs de Bach appelées Rescue Kids.
    Franchement, et pourtant je ne crois pas une seconde à ce type de remède, mais là, l’effet est bluffant et quasi-infaillible (et pourtant elle est coriace ma n°2 tu le sais).
    Ca se trouve dans n’importe quelle pharmacie et c’est délivré sans ordonnance puisque ce ne sont que des huiles essentielles.
    Voilà, j’espère que ça pourrait t’aider.
    Teste, tu verras, tu devrais être bluffée…
    Bisous

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *