malise
4 avril 2013
Tes larmes derrière ton sourire, mon grand garçon

Mon grand garçon,

Dans un peu moins de deux mois, tu auras quatre ans, et comme tu me l’as répondu hier quand je t’ai dit « Bonne nuit mon bébé », tu n’es plus un bébé. C’est vrai. Tes joues rebondies ont bel et bien disparues, et ton visage est maintenant tellement fin que tes grands yeux rieurs n’en sont que plus saisissants. Ton petit corps est celui d’un enfant, long et souple, mais incroyablement menu. J’ai toujours l’impression que tu vas te casser, alors que tu me serres parfois tellement fort que tu m’en fais mal.

Il n’y a pas si longtemps que ça, posé sur mon ventre, je t’embrassais pour la première fois et je découvrais ton regard profond. J’étais tellement heureuse alors, tellement fière aussi. Et depuis, je ne cesse de ne pouvoir te quitter des yeux dès que je te regarde.

Il nous a fallu du temps pour nous apprivoiser, pour nous accorder, pour nous accepter. Il nous a fallu l’aide de ton Papa, qui a toujours été là exactement comme il le fallait, au bon moment. Il nous a fallu nous tester, toucher nos limites, nous tromper souvent, mais nous trouver systématiquement. Il m’a fallu comprendre et admettre que notre vie ne serait plus jamais la même, que devenir ta Maman était le plus merveilleux cadeau que la vie pouvait me faire. Mais il m’a aussi fallu digérer que j’endossais la plus grosse responsabilité qui soit. Celle de faire de toi un homme heureux et épanoui.

Sauras-tu jamais à quel point je t’aime, mon Amour Chéri. Comprendras-tu jamais le déchirement la première fois que je t’ai laissé vivre ta vie loin de moi, le manque de toi quand tu n’es pas là, et ce vide si grand quand tu ne veux pas de moi.

Je conçois tes « non », ton opposition, ton besoin d’exprimer haut et fort que tu es là et que tu veux exister sans que nous te dictions ta conduite. Mais je ne comprends pas tes excès ni la force avec laquelle tu me rejettes. Ton visage qui se ferme, ton dos que tu me présentes, tes cris de refus quand je veux m’occuper de toi.

Nos relations sont des montagnes russes, à l’image de ton comportement. Tu peux être tellement joyeux, tellement plein de vie, tellement génial, attachant et drôle. Et te transformer en petit tyran l’instant d’après.

Je n’arrive pas à admettre tes hurlements lorsque tu te réveilles, ni tes geignements qui ont toujours été ta façon à toi d’exprimer ton mal-être. Je n’arrive pas à m’y faire. J’ai beau me raisonner, essayer de trouver des explications, je finis toujours par m’énerver et envenimer la situation.

Tu nous malmènes, tu nous fais perdre nos repère et nos certitudes. Tu me braques contre toi, quand je voudrais t’avoir tout contre moi.

Mon Petit Chat.

Tes pleurs que tu ne parviens pas à faire cesser, tes chagrins si profonds qu’ils me brisent le coeur, sont je le sais autant d’appels pour que l’on te prouve que nous sommes là pour toi, malgré tout. Tu as parfois l’air si malheureux, si désespéré. Je donnerais tout pour parvenir à te faire garder ton sourire à chaque minute de ta vie.

Parle-moi, mon grand garçon. Parle-nous. Dis-nous pourquoi tu ne veux plus aller à l’école, toi qui aimais tellement y aller. Explique-nous tout ce que tu as en toi, plutôt que de souffrir au point d’avoir peur de ton propre corps comme tu le fais en ce moment.

Prends ton temps. Grandis au rythme qui te convient. Nous ne voulons pas te pousser à être plus grand ni plus sage que de raison. Nous ne voulons pas t’exclure de nos tourments, mais nous ne voulons pas non plus t’en créer qui ne t’appartiennent pas. Si tu ne comprends pas tout, si tu ressens des choses que tu ne t’expliques pas, nous sommes à tes côtés pour t’aider.

Sèche tes larmes. Ne cries plus pour te faire entendre.

Je suis tellement heureuse de t’avoir près de moi. Apprends-moi à t’aimer comme tu le mérites. Je veux y arriver pour toi. Je vais y arriver, pour nous.

Et un jour, peut-être, c’est de nouveau moi que tu appelleras la nuit quand tu te réveilleras. Comme quand tu étais tout petit et que tu te blottissais dans mes bras pour mieux te rendormir. Comme lorsque tu avais encore confiance en moi et en mon amour pour toi.

N’oublies pas. Je suis là, et je t’aime infiniment.

Tes larmes

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Article publié dans : « Loulou des bois »

19 réponses à “Tes larmes derrière ton sourire, mon grand garçon”

  1. c’est un très beau texte, je ne peux pas imaginer la souffrance que tu dois ressentir aussi à ne pas pouvoir l’aider dans son mal-être. il se passerait quelque chose à l’école?
    en belgique il existe des centres PMS (psycho-médico-sociaux) attachés aux écoles, je ne sais pas si ça existe en france mais ce serait peut-être une piste. ou à défaut un pédopsy?
    enfin, je dis ça, suis mal placée pour donner des conseils.

  2. Submarine dit :

    Ton texte m’a énormément touché…
    Depuis que je suis petite, on me dit de parler, de poser les mots sur ce qui ne vas pas, sans m’inquiéter qu’ils soient justes ou précis. Simplement de parler. J’espère que ton petit bout va le
    comprendre, moi-même j’en ai mis du temps. Mais je savais que malgré tout, mes parents seraient là pour moi, et j’imagine qu’il en est aussi conscient. Des bisous

  3. Alice dit :

    pfiou, ce sont mes larmes d’un petit grand de 4 ans et 4 mois qui sont montées…
    quand il devient UN autre… cela me fait peur aussi même si mon amour inconditionnel est dit et re re re dit!
    ton texte est superbe

  4. Marie mon-nid dit :

    Pauvre petit chat… Ca fait mal au coeur de lire ça…

  5. magnifique billet…♥ j’ai moi-même une relation « difficile » avec une de mes Cacahuètes. Une relation qui me fait souffrir, me remettre en questions très souvent, m’empêche de dormir souvent
    aussi.
    L’amour est là, mais ce n’est pas toujours si simple de s’aimer, sans se faire du mal.

  6. Angeso dit :

    Pauvre amour, n’hésite pas à aller parler avec sa maîtresse, elle t’aidera sûrement à comprendre. C’est arrivé avec Axel et elle a été d’une grande aide pour comprendre et ré-apprivoiser… Pleins
    de courages et de bisous tendres

  7. Oxallys dit :

    Wouhaaa ! là, ça vient droit du coeur !

  8. Il ne veut pas te dire pourquoi il est si malheureux? J’espère qu’il se livrera et que tu pourras le rassurer. Courage tous les deux.

  9. Anne-Laure dit :

    holala, ça m’a mis les larmes dis donc 🙁
    Courage et doux bisous à ton petit chat

  10. AnneClaireBCN dit :

    Oooh, c’est si beau ! Happy birthday à ton grand garçon.

  11. Koxie dit :

    Une belle déclaration d’amour à ton petit homme. J’espère qu’un jour, lorsqu’il sera plus grand, il aura l’occasion de lire tes mots pour comprendre à quel point tu l’aimes… ♥

  12. perso je dirais qu’il n’est jamais trop tôt pour l’emmener voir un spécialiste si réellement vous ressentez que quelque chose ne va pas. en plus à son âge, il peut faire des dessins, raconter des
    histoires, autant de choses qui peuvent être « décryptées » par un professionnel.

  13. Maman Crotte dit :

    Théo me dit toujours « Maissssssssssssss ça va maman !!! »
    Finalement, pour mettre une image sur comment il doit le comprendre, je lui dis « tu as l’air aussi bien que si je te demandais de manger une assiette pleine de courgettes crues ! » Il rigole, et
    m’explique. C’est dur de lui tirer les vers du nez. Très. Mais petit à petit, on y arrive !

    Ton billet est sublime. Tout comme Koxie, j’espère qu’il lira tout ça. Il comprendra. J’en suis sûre !

  14. Evi dit :

    C’est juste super beau et super émouvant!

  15. sabine dit :

    superbe billet… qui me touche beaucoup …

  16. Edith dit :

    Difficile de mettre des mots sur un mal être à même pas quatre ans! Mais ton « grand » garçon a une chance, c’est qu’il a des parents à l’écoute et lorsqu’il pourra ou voudra mettre des mots dessus,
    il sait certainement qu’il aura l’écoute de ses parents! Les enfants ont des « phases » plus ou moins difficiles et il n’est pas toujours évident de trouver une cause à un état…bref bon courage!

  17. brunyyy dit :

    Ce texte est émouvant et j’ai un fils du même âge, je ne suis pas une spécialiste mais le doudou est le meilleur ami de mon petit bonhomme quand il ne voulait pas s’exprimer je m’arrangeais pour
    qu’il s’exprime à travers doudou du coup doudou veut si doudou pense ça. Bref doudou est un bon vecteur de communication pour nous. On a le même résultat avec ses marionnettes. Maintenant il parle
    beaucoup et doudou n’est plus qu’un doudou. Je te souhaite de trouver une solution et donne nous des nouvelles.

  18. celine dit :

    je suis tomber sous le charme .. c merveilleux
    c beau …
    merci pour ce moment d émotion

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