malise
2 mai 2013
Et elle a posé sa tête sur mon épaule …

Hier n’était pas une bonne journée. Oui, je sais, c’était quand même cool de ne pas aller bosser, et d’être tous les quatre à la maison. Mais moi en fait je n’avais pas envie. Un mercredi comme un dimanche, la pluie, je ne sais pas, je n’étais pas vraiment là…

Il faut dire que la nuit de mardi à mercredi a été un peu dure. Il n’y a pas eu de nuit (=de dodo) à proprement parler, et j’étais lessivée. Mon Amoureux, qui s’était pourtant levé lui aussi à plusieurs reprises, m’a permis de traîner au lit jusqu’à dix heures en assurant avec notre Loulou réveillé aux aurores, et quand j’ai émergé il faisait tellement sombre qu’on se serait crus le soir. Il pleuvait des trombes d’eau, synonyme de sortie impossible et d’enfants intenables.

Je n’étais pas vraiment là.

J’avais envie de tout faire, sauf de jouer aux puzzles et aux petites voitures. Sauf de passer mon temps à leur demander de se calmer, à leur répéter de cesser de jeter les jouets, à ramasser dans la maison mise en vrac en deux temps trois mouvements.

Et puis après la sieste, le soleil a enfin fait son apparition, après près de six jours d’absence non désirée.

Tout le monde dehors, moi y compris, mais je n’étais pas là.

J’avais froid malgré la chaleur, je traînais des pieds pour rester avec eux, je ne voulais pas aller me promener ni faire de la balançoire ni lancer le ballon.

Et puis Loulette a voulu allez voir les vaches.

Ahhhh, les vaches. Sa grande passion du moment. L’avantage de la campagne, c’est qu’il y a des vaches de partout, ce qui arrange bien nos affaires. Et je vous assure que c’est un vrai avantage.
Par exemple, quand Loulette râle, il suffit de la coller derrière la fenêtre qui donne sur le pré d’à-côté, celui où viennent paître la plupart des ruminants du coin, et elle en oublie toute velléité de rébellion. Mieux que le cinéma.

« Ooooh, les vaches! Meuhhh ». « Là, les vaches! ». Elle est fascinée, et les interpelle de sa petite voix douce stridente et incroyablement forte. Loulette a une future carrière assurée sur les marchés!

Bref. « A voir les vaches ? ». Dont acte.

Nous sommes parties cahin-caha sur les chemins boueux, moi attifée comme un as de pique dans ma tenue du dimanche mercredi (vieux pantalon informe, veste polaire, crocs), et elle toute pimpante et rayonnante de joie.

Les vaches étaient loin, leur rendre visite n’a pas été si facile que ça, mais la Puce a vaillamment marché. Que ne ferait-elle pour un coup de langue râpeuse sur sa petite main dodue ?

Arrivées sur place (« Coucou les vaches! ». « Oh, a pipi la vache! »), nous sommes restées plantées là à bailler les admirer et à commenter toutes leurs folles activités.

Vous l’aurez compris, je n’étais pas vraiment là.

Et puis, tout d’un coup, ma Puce a posé sa tête sur mon épaule. Tout tranquillement, tout doucement. Elle s’est laissée aller, elle a choppé son pouce, et elle a collé son visage contre mon cou.

Du bonheur en barre que ce moment-là.

Cette petite fille, qui réclame des câlins et des « bissous » à longueur de journées (et de nuits, ahem!), mais qui dit « NAN! » quand on lui demande de nous en faire. Qui veut tout faire toute seule. Qui ne se laisse plus faire. Qui boude de plus en plus et pleure aussi de plus en plus de frustration. Ce petit bout de femme. Par ce simple geste, elle m’a ramenée à elle.

J’aurais voulu que cet instant dure une éternité, tellement j’étais bien, tellement je me suis sentie à ma place.

Elle est restée comme ça sur tout le chemin du retour, même quand son Père est arrivé avec son frère sur ses épaules. Elle n’a pas bougé. Et moi je l’ai gardée tout contre moi tant que j’ai pu.

Les enfants nous bousculent. Ils nous en font voir de toutes les couleurs, et parfois même ils nous donnent envie d’être à mille lieux d’eux. Mais un simple geste, un regard rieur, ou juste un petit moment de répit, suffisent pour qu’on se rappelle à quel point c’est bon d’être avec eux.

A quel point j’ai de la chance d’être leur Maman…

…Et d’aller voir les vaches!

Elle a posé sa tête sur mon épaule

Je n’avais pas de photo de vache à vous montrer là tout de suite. Mais j’envisage sérieusement d’en faire, de les agrandir, et de customiser sa chambre avec. Comme ça, quand elle me demandera à trois heures du matin « Sont où les vaches ? », je n’aurai qu’à allumer la lumière, la poser sur son fauteuil, et retourner me coucher… Non ?

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Article publié dans : « Loulette aux fraises »

17 réponses à “Et elle a posé sa tête sur mon épaule …”

  1. lili dit :

    elle est trop belle!! peut être qu’elle va devenir fermière non? !

  2. Marie mon-nid dit :

    Bon plan, le coup du poster, tu nous diras si ça fonctionne 😉 !

  3. Anne-Laure dit :

    La vache est mon animal préféré, depuis toujours…
    Hyper émouvant

  4. mamandoudouce dit :

    Trop mignonne ta puce! Comme je comprend ce que tu as écrit : un bisou, un câlin, un mot doux et on oublie tout

  5. angelique dit :

    merci pour ce joli article (j’ai versé ma larmichette) je suis en plein dans les 2 ans avec les non, je boude, les chouineries, les pleurs a la 2 eme sec ou elle n’arrive pas un truc, les
    tentatives echouées de la propreté, les c’est moi qui fait en pleurant, je suis out!!! et pas beaucoup de calins.on a pas de vache mais c’et elle qui est vache 😉 alors c’est dur oui… merci
    encore pour ce billet :-))

  6. Angel dit :

    C’est si beau de te lire quand tu écris ces moments si doux, j’avais l’impression de te voir avec ta fille.
    Mon poupon à moi, il m’en fait tout le temps comme çà et je fond de bonheur à chaque fois.

  7. Alice dit :

    Comme c’est beau et touchant car ce billet, j’aurais pu souvent l’écrire 🙂
    Nous ce sont les dadas

  8. coucoumaman dit :

    Oh ben tiens, chez nous ce sont les

  9. Ptisa dit :

    j’imprime des photos que je plastifie pour Violette. Maintenant ça lui a un peu passé, mais elle adorait se regarder avec son gâteau d’anniversaire, déguisée, avec papa, etc.

  10. A la mère si dit :

    Aller, va pour la déco vaches dans sa chambre, tiens ! Il est très chouette ton article, encore !

  11. NiouzMum dit :

    Ils ont un don pour nous faire changer d’humeur, d’attitude, … (et c’est mieux quand c’est dans ce sens là ;p)
    Tu me fais rêver avec tes champs et tes vaches, moi ce sont les tractopelles qu’ils adulent XD chacun son environnement !

  12. Ici aussi on aime les vaches à la folie. Moi aussi ma Chouquette est tellement remuante que les gros calins et les moments de calme sur moi je peux les compter sur les doigts d’une main. Et là on
    s’en souvient et on en profite un max!

  13. pauline k dit :

    J’aime ce billet ♥

  14. minouchkaïa dit :

    quand ma deuz (19 mois) m’a pris récemment vraiment pour la première fois dans ses bras, c’est-à-dire a entouré mon cou très fort en écrasant sa tête contre la mienne, ça m’a surpris autant que ça
    m’a émue. C’est rare, mais chaque fois, ça me fait un bien fou, et consolide mon statut de « maman » que j’ai encore du mal à réaliser et assumer par moments..ces gestes-là nous font oublier tout le
    reste en un instant, et on se dit que c’est en eux que réside l’essentiel, en souhaitant que ça dure encore un peu, car déjà ma grande,les câlins faut presque lui réclamer et elle n’a pas 4
    ans…quoi qu’il en soit, notre épaule, réelle ou virtuelle, sera toujours là pour eux, c’est une évidence qu’on ressent dans ses tripes dans ces moments-là, tout l’amour inconditionnel qu’on leur
    porte à ces canailles sans rien en attendre en retour..

  15. edith dit :

    C’est dingue comme les enfants peuvent nous faire passer à des états complètements différents en une seconde! Les miens m’en font voir souvent, je les aime de tout mon coeur et pourtant des fois je
    rêve de moments sans eux…et un simple mot, un geste me fait boum dans mon coeur de maman et je fond…quand ma dernière toujours en pleine opposition (presque 28 mois) et n’ayant que le non et le
    Moi toute seule à la bouche me prend dans ses petits bras ou me caresse le visage avec sa petite main potelée, je fond comme neige au soleil! et j’en profite car je sais que ces câlins ne dureront
    pas toujours…(même si je suis une chanceuse car mon grand de 8ans et demi est toujours en demande de câlins, tout comme mon moyen de 5 ans…) Et je me reconnais tout à fait quand tu dis avoir la
    chance d’être leur maman, je me le dis souvent de mes trois…

  16. Koxie dit :

    Trop beau, peut-être avait-elle senti qu’elle devait te ramener auprès d’elle et te rendre le sourire ! ♥

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