malise
2 juillet 2013
Punta Cana : entre rêve et réalité, le grand écart

Quand nous avons choisi la République Dominicaine comme destination de vacances, notre objectif était clair : partir nous reposer dans un endroit paradisiaque.

Comme je vous l’ai dit la semaine dernière, nous étions à mille lieux de nos préoccupations touristiques d’avant l’arrivée des enfants, mais en toute connaissance de cause. Visiter l’île, aller à la rencontre de ses habitants, apprendre leur traditions, comprendre leur culture, tout cela aurait été un programme bien trop chargé et avec bien peu d’intérêt aux yeux de nos deux tout petits.

Nous avons très clairement fait ce que nous pouvions critiquer auparavant : partir loin pour rester enfermés dans un Club.

Pas de Guide du Routard ni de Lonely Planet dans nos valises. Pas de vaccins au préalable. Des tongs à la place des chaussures de randonnée. Nous sommes même partis, j’ai honte de l’avouer, sans nous renseigner ne serait-ce qu’un minimum sur la vie là-bas.

En gros, nous ne voulions que ça :

Mer Punta Cana

Et ça :

Plage Punta Cana 2

Nous ne nous sommes pas posé de questions, pourquoi faire ?

De la République Dominicaine, en dehors de la fabuleuse plage du Club Med, nous n’avons finalement vu qu’une petite portion de route entre le Club et l’aéroport, soit moins de dix minutes de bus, et l’aéroport en lui-même.

Nous avons néanmoins pris l’avion du retour avec nos batteries rechargées, en ayant fait le plein de soleil.

Avion Punta Cana 2

Au bout de quelques heures de vol, alors que la plupart des passagers étaient endormis, nous entendons un énorme fracas et des cris venant des toilettes qui sont situées trois rangées devant nous. Je pense à une bagarre (à l’aller un homme passablement saoul avait déjà fait un esclandre), mon Amoureux à une personne âgée qui se serait retrouvée coincée.

Quelqu’un se lève donc pour aller voir, mais n’obtient aucune réponse et va chercher une hôtesse de l’air. On entend des petits coups tapés sur la cloison, une jeune femme répond pour rassurer celui ou celle qui en est à l’origine.

Nous ne voyons pas trop ce qui se passe. Apparemment la personne à l’intérieur est un italien, langue que l’hôtesse ne parle pas. Elle part donc à la recherche d’un passager pouvant lui venir en aide afin de rassurer le prisonnier. Au bout d’un temps infini, tous deux finissent par sortir l’homme des toilettes.

Quand tout-à-coup, nous voyons un poing brandi pour frapper le jeune italien venu à la rescousse. Puis nous entendons le bruit de quelqu’un qui s’effondre. Des pieds dépassent du couloir des toilettes. L’homme qui était enfermé s’est évanoui après avoir essayé d’attaquer l’interprète malgré lui. Un médecin est appelé à la rescousse, un vacancier comme nous, qui était d’ailleurs juste devant nous dans la queue pour l’enregistrement. Tous ensemble, ils déplacent l’homme vers l’issue de secours. Il est très grand, il a l’air vraiment costaud. Il est inconscient.

A partir de là, le médecin et le personnel naviguant vont tout faire pour le ramener à lui, pendant plus d’une heure. Son amie, appelée près de lui, ne leur est d’aucune aide. Elle dit ne pas savoir s’il a pris des stupéfiants ou des médicaments.

Il s’enfonce, le défibrillateur est sorti. Puis tous se relaient pour lui faire des massages cardiaques, pour le maintenir en vie jusqu’à l’arrivée où le samu a été appelé.

Malheureusement tous ces efforts ont été vain, et l’homme est décédé peu de temps avant que nous arrivions. Pour ne pas le laisser là, au milieu de l’avion, un steward a amené un fauteuil roulant. C’est donc comme ça que l’homme a remonté tout le couloir jusqu’au fond de l’appareil …

Les enfants ont dormi tout le long de cet épisode, en dépit du va-et-vient, des cris de la jeune amie de l’homme, de la tension ambiante. Tout l’avion était en émoi, beaucoup cherchaient à venir voir ce qu’il se passait. Le capitaine a fait une annonce, parlant d’un grave problème médical …

En définitive, malgré toutes les spéculations lancées au cours du vol puis ensuite dans l’aéroport, personnes ne savait ce qu’il avait bien pu se passer.

Jusqu’à ce que je trouve cet article : http://www.air-journal.fr/2013-06-15-mort-dun-passager-air-france-des-boulettes-de-cocaine-576367.html

L’homme était une mule. Et il en est mort.

C’est alors que j’ai réalisé à quel point je m’étais volontairement mis des oeillères pour ce voyage.

La République Dominicaine est une destination privilégiée, certes, mais ses côtes sont recouvertes de resorts tels que celui dans lequel nous étions. Elle est devenue, d’après ce que j’ai pu comprendre, une espèce de supermarché à ciel ouvert, le tourisme étant devenu sa première source de revenus. Et une plaque tournante pour les narcotrafics. Les actualités regorgent de faits divers relatifs à la drogue : démantèlement de réseaux, saisie de marchandise, arrestation de personnes impliquées (parfois sans même le savoir). Il n’est pas rare que des sachets de cocaïne
soient retrouvés dans les affaires de familles « biens sous tous rapports », à l’instar de cette français mère de famille, condamnée à huit ans de réclusion en janvier de cette année et qui affirme avoir été piégée. De la drogue aurait même été retrouvée dans le jet privé que l’opticien Afflelou met en location (26 valises contenant 680 kgs de cocaïne). Deux jeunes françaises viennent juste d’être libérées de prison, après 18 mois de détention. Et aujourd’hui 17 autres français sont encore détenus (source Rfi).

Je vous donne beaucoup de détails, je sais. Je ne peux pas dire que j’ai été traumatisée par cette histoire (quoique le coup du fauteuil roulant, honnêtement … ), mais déstabilisée oui, c’est le mot. Je suis contente que mes enfants ne se soient pas réveillés, et qu’ils soient trop petits pour comprendre. Par contre qu’on ait été privé de petit-déjeuner, là, j’avoue, c’était un peu rude, surtout après une nuit blanche … Rhooo, ça va, un peu de cynisme ne fait pas de mal!

Parfois, le retour à la réalité est dur, mais il permet aussi de voir les choses telles qu’elles sont et de redescendre sur terre.

Le paradis a son enfer, aussi.

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13 réponses à “Punta Cana : entre rêve et réalité, le grand écart”

  1. ça fait froid dans le dos :/

  2. mamandoudouce dit :

    Oh purée (je fais la version polie), c’est hallucinant. Tu dois avoir l’impression de vivre un film. Heureusement que tes parents ont dormi et n’ont rien vu de tout cela!
    Malheureusement, l’appât du gain (ou le désespoir pour certains) peut vraiment coûter cher.

  3. mamandoudouce dit :

    Je ne voulais pas dire « tes parents » mais « tes enfants »…Je suis fatiguée là lol

  4. anyuka dit :

    Oh punaise, j’en frissonne 🙁 …

  5. Malheureusement, il y a une telle misère là-bas que le terrain est propice au développement des trafics. Il y a un monde entre le coin des touristes et celui des habitants.

  6. Marie mon-nid dit :

    Ouch ! Quelle horrible histoire !!!

  7. Poppy dit :

    Ca me fais froid dans le dos..je ne sais pas comment gérer la chose, moi qui suis déjà malade (mais vraiment) quand je vois les pompiers au bord de la route après un accident !!!

  8. yeude dit :

    Ma pauvre, quelle horreur… Je n’aimerais vraiment pas vivre cela, ça doit être terrible… Ma mère y est allé plusieurs fois, c’est une destination qu’elle aime beaucoup. Elle a vu des choses pas
    sympas, surtout les haïtiens qui passent la frontière et survivent comme ils peuvent, mais elle n’a pas vu les ravages de la drogue. Enfin, heureusement que tes enfants n’ont rien vu… Bises

  9. Alice dit :

    iL Y a une petite quinzaine d’années, je suis partie à Punta Cana, à l’époque, on profitait des formules all inclusive en basse saison pour crapahuter dans les pays à moindre cout

    Voilà, le truc est là, si c’est à moindre cout pour nous, c’est que là bas c’est la misère…

  10. Val1603 dit :

    Tu m’étonnes ça fait quand même un peu peur… et puis il faut quand même réussir à passer à autre chose… mais ça a dû vous faire un choc quand même…

  11. Anne-Laure dit :

    Je suis allée en république dominicaine il y a maintenant 6 ans et j’en garde un bon souvenir. Ce qui m’avait davantage choqué, c’est en Egypte, au Caire : entre l’aéroport et l’hôtel luxueux, nous
    avons traversés des quartiers d’une extrême pauvreté et ça m’a mis mal à l’aise.
    En république dominicaine, je n’ai pas ressenti autant de misère, sûrement parce que je ne l’ai pas vu, trop obnubilée par mon confort et mon voyage de noces (et égoïstement, c’est peut-être pas
    plus mal…)
    Mais au final, je n’aime pas aller au bout du monde dans des grands hôtel alors que 600m plus loin, les gens se demandent comment ils vont nourrir leurs gosses…
    En tout cas, ton expérience glace le sang…

  12. punta cana dit :

    Hola,
    Effectivement drôle d’expérience le retour.
    J’habite en République Dominicaine depuis 5 ans, la misère je le vois surtout dans les grandes villes, la capitale en particulier, dans les petites villes et la campagne les gens sont pauvres,ok, mais pas misérables.
    LM

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