malise
1 août 2013
Le dernier bébé

 

Il y a cette envie, chevillée au corps, que je n’arrive pas à oublier.

 

Il y a ce pincement au cœur, cette petite boule dans le ventre, lorsque j’apprends de jolies nouvelles.

 

A quel moment se dit-on avec certitude qu’il n’y aura plus d’autre enfant ? A quel moment une décision guidée par la raison s’encre-t-elle de façon définitive dans votre chair, pour devenir une
évidence ?

 

Depuis que je parle de mes enfants ici, je crois que je ne cache pas à quel point je trouve difficile d’être Maman. Toutes ces questions qui restent sans réponses. Toutes ces réactions à fleur de
peau, en écho à des comportements que je ne sais pas gérer correctement, et à une fatigue que je sais passagère mais que je ne parviens pas à maîtriser.

 

Mais je sais aussi tout le bonheur qu’apportent les enfants. Cette sensation de plénitude, cette légèreté retrouvée dans leurs yeux malicieux. Tous les rires, les joies, devant leurs facéties,
leurs bons mots, leur innocence. Tout l’amour aussi. Surtout.

 

Je ne suis pas une Maman née. J’ai mis beaucoup de temps avant de connaître le désir d’enfant. Je me construis au jour le jour, grâce à eux, avec eux.

 

Il y a eu au début le souhait d’avoir un petit de lui, de mon Amoureux, pour concrétiser ce que nous éprouvions l’un pour l’autre. Et quand Loulou a été là, très vite, le besoin irrépressible
d’être de nouveau enceinte. Je regardais les ventres ronds avec envie, alors que le mien l’était pourtant encore de cette première grossesse. C’était viscéral, très fort. Mais ce n’était pas
vraiment une envie d’enfant … jusqu’à la naissance de Loulette, après près de neuf mois passés dans une sérénité rare.

 

Ce bébé que je tenais dans mes bras, et qui complétait si bien notre famille, je le regardais en me disant qu’il ne pouvait pas être le dernier.

 

Avec le temps, avec les mauvaises nuits, avec les disputes, j’ai fini par ne plus entendre cet appel, et par me dire que tout était bien fini.

 

Et pourtant …

 

Ne croyez pas que nous sommes dans la journée des révélations, car ce n’est pas le cas. Nous parlons souvent avec
mon Amoureux de ce petit troisième qui ne viendra pas. Parce que nous savons que nous avons trouvé notre équilibre à 4, là ou certains le trouvent simplement à 3, et d’autres à 5 ou plus encore.
Parce que nous avons des rêves, et qu’il nous faut faire un choix pour pouvoir un jour les concrétiser. Parce que,
peut-être, je ne me sens plus le courage d’affronter une nouvelle naissance, ni les premiers mois si déstabilisants avec un nourrisson.

 

Mais l’envie est là, si présente, si forte …

 

Je regarde Loulou, mon Trésor, et je sais qu’il sera mon seul fils. Je regarde Loulette, ma Perle, et je me dis qu’elle sera ma seule fille. Le choix du roi, comme on dit, je devrais être
satisfaite. Mais je me surprends souvent à imaginer à quoi aurait pu ressembler un autre petit bout de nous, et à ce que pourrait être notre vie avec 3 enfants.

 

Loulette est mon dernier bébé, mais elle n’en est déjà plus un. Et c’est sans doute pour cela que je passe tant de temps à l’admirer en ce moment. A graver dans mon esprit tous ces petits détails
qu’ils lui restent de sa petite enfance. A prendre des photos, encore et encore, pour ne pas en perdre une
miette. A respirer son odeur de miel, et à la serrer contre mon cœur tant qu’elle se laisse faire …

 

Le jour viendra sans doute où je regarderai en arrière sans aucun regret, parce que j’ai la chance d’être déjà comblée.

 

Mais en attendant, je profite de mon dernier bébé.

 

Le dernier bébé

 

Rendez-vous sur Hellocoton !

 


badge mapage hellocoton 125x25 white

 

Partager l’article !
 
Le dernier bébé:
 

Il y a cette envie, chevillée au corps, que je n’arrive pas à oublier.

 

Il y a ce …

16 réponses à “Le dernier bébé”

  1. Ptisa dit :

    c’est clair chez moi qu’il n’y en aura pas d’autres, du coup c’est un peu comme si je glissais vers la vieillesse. Par contre étant donné que j’ai toujours détesté les ventres ronds et que je
    trouve les nouveaux nés très laids, il me suffit de me pencher sur une poussette, voir ces petits êtres minuscules et entendre leurs braillement pour être sûre et certaine qu’il n’y en aura pas
    d’autres !

  2. Anne-Laure dit :

    J’aurai pu écrire cet article il y a quelques semaines ou quelques mois. Faire le deuil du troiz’ a été atrocément dur. Mais aujourd’hui, je regarde vers l’avenir, mes enfants grandir avec
    sérénité. Nous sommes au complet. Nous avons atteint l’équilibre parfait. Et je n’ai actuellement, aucun regret, aucun pincement au coeur quand j’entends de annonces de grossesse et de naissance.
    Mais ce fut un travail long, un travail de deuil. Courage

  3. mamaparis dit :

    Ce texte me parle car je comprends tellement cette envie du bébé d’après, malgré les difficultés du nouveau-né déjà présent. Je pense que l’on a besoin de se projeter, d’imaginer le suivant ou ce
    que cela pourrait être. Ca ne veut pas dire qu’on veut vraiment le faire et briser l’équilibre, c’est juste rêver. Et puis à un moment il faut se décider : pour la suite ou pour arrêter la fratrie.
    Dans tous les cas il ne faut pas avoir de regrets. Moi je n’ai qu’un bébé pour le moment et je pense déjà aux prochains, on se prend à rêver avec son père qu’il y en aurait 3 autres…mais on sait
    que ça impliquerait des sacrifices. Alors on ne sait pas vraiment en fait 🙂

  4. mamandoudouce dit :

    Très bel article! Cette décision n’est pas facile à prendre! Il est vrai que chacun trouve son équilibre différemment!
    Perso, je n’ai qu’une fille et je n’aurai certainement pas d’autres enfants. Cette décision a été difficile à prendre. Par moment, ça me fend le coeur mais je me dis que nous avons un bon équilibre
    ainsi et qu’il faut que j’en profite

  5. C’est super si tu sens que tu es comblée et que tu as trouvé ton équilibre à 4 ! Après, il faut se laisser le temps de décider, peut-être qu’un petit troiz pourrait trouver sa place chez vous, seul
    le temps pourra le dire 🙂

  6. NiouzMum dit :

    Nous nous ne sommes pas fixés … C’était 3 minimum et un grand point d’interrogation après … Là BabyGirl n’a qu’1 petit mois et je n’arrive pas à me dire que c’était ma dernière grossesse,
    qu’elle est mon dernier bébé … On va prendre le temps de trouver notre rythme à 5 et puis on se décidera …

  7. Tham dit :

    Pas surprise, j’imagine, si je te dis que pour moi aussi, le deuil ce ce petit dernier est tout sauf facile…Je n’ai pas eu le choix du roi, et à vrai dire, pendant longtemps, cela ne m’a pas plus
    touchée que ça, trop heureuse d’avoir 2 enfants plein de vie et en bonne santé…Mais depuis presque 1 an, je ressens moi aussi ce petit pincement, discret, à l’annonce des bonnes nouvelles autour
    de moi et j’ai fini par comprendre ce qu’il signifiait… Malgré toutes les difficultés que je rencontre à élever mes petits monstres, je rêve ce ce petit 3ème qui, je le crois parfois, me
    complèterait enfin. Je rêve d’une petite fille, un petit bout de moi qui me ressemblerait cette fois (marre d’entendre « ah ben, il peut pas les renier le papa »). Et je rêve surtout de ce ventre
    rond que j’ai tant aimé arboré (même s’il a laissé par 2 fois des dégâts dignes de l’ouragan Katrina…). Toutefois, « rêver » est le bon mot…car l’amoureux ne renouvèlera pas le contrat, c’est
    sûr…Issu d’une fratrie de 3 garçons élevés et considérés très différemment par leurs parents (devinez qui en a le plus souffert?…), il avait toujours était limpide sur ce point : 2 enfants, et
    pis c’est tout!!! Et puis, en étant très honnête avec moi même, suis-je capable d’assumer un troisième bébé alors que 2 me submergent déjà? Alors on s’arrêtera là…pour le moment!!!

  8. J’ai connu cela aussi… Aprés ma 2° grossesse, aprés ma 3°… Mais pour l’instant, alors que N°4 n’a que 9 mois 1/2, cette évidence me saute aux yeux… Je sais bien que d’ici 1 an je risque d’y
    songer (la fameuse étape du « ce n’est plus un bébé »)… Mais cette fois-ci la réalité (matérielle quasi exclusivement) prendra le dessus. J’ai adoré être enceinte, accoucher, pouponner… Bref, je
    me soigne ! Pour moi, la guérison va passer en accueillant les enfants des autres, j’en suis sûre ! Puis j’arrive à un tournant de ma vie où il faut passer à autre chose, je le sais… Je pense que
    c’est une étape difficile selon les personnes mais nécessaire. Dire qu’à la base, avec mon mari nous ne souhaitions que 2 enfants ! (nb / chacun a été voulu, pas d’accident)… Qui sait ce que la
    vie te réserve encore ?… En tout cas, je suis de tout coeur avec toi !!!

  9. Une fois de plus un texte tres emouvant malise. Le troisieme c’est je crois celui qui amene tant de questionnement. Ma mere a mis beaucoup de temps a faire le deuil de ce 3e enfant dont mon pere ne
    voulait pas.
    Moi j’en ai un et au regard de ce que nous avons vecu lui et moi, j’ai l’impression que je ne pourrais pas en aimer un autre plus que lui. Alors doucement, parce que moi aussi j’ai des reves pour
    nous 2, je me dis qu’il n’y en aura peut-etre pas d’autre. Ainsi va la vie.
    Bises

  10. Ali Alanoix dit :

    Oh mon Pik sera mon dernier bébé..Bouhouhou..
    Mais je suis déjà bien heureuse d’avoir réussi à en avoir un, puis deux…
    Ca grandit vite les bébés, alors que nous, on ne prend pas une ride. Enfin, moi hein. Parce que toi, niark.
    Voilà, je ne sais plus ce que je voulais dire en fait.
    Mince.
    Je reviendrai plus tard.
    Bises

  11. Cleophis dit :

    Je suis un peu comme toi. Un deuil qui doit se faire mais qui n’est pas encore terminé. J’aimerais avoir 3, voire 4 enfants, mais je ne suis pas une maman-née, comme tu le dis toi-même, et j’ai une
    patience assez limitée alors quand je vois la peine que j’ai à rester calme avec mes deux enfants, je ne m’imagine pas avec plus. Mon mari non plus d’ailleurs. Recommencer les nuits hachés, vivre 3
    ou 4 « terrible two » puis 3 ou 4 adolescences, faire l’apprentissage de la propreté pour 4 enfants? Et ça, c’est juste pour ce que je connais. Je le dis tout de suite: non, non, non, je vais y
    laisser ma santé mentale. C’est la raison qui l’emporte sur le coeur, mais je sais que c’est le bon choix. Il faut laisser le temps au temps. 🙂

  12. Cet article, c’est exactement ce que je ressens. C’est ce qui me trotte dans la tête. Nous sommes bien à 4, et pourtant l’envie reste là dans un petit coin de moi. Pourtant je sais que notre
    équilibre à 4 est bien pour nous. Nous pourrons profiter à fond de nos loulous, et j’ai peur de perdre pied si nous avions un 3ème. Alors pourquoi mes tripes continuent de me remuer quand je vois
    un ventre rond ? Pas facile de se dire que la Crevette sera la dernière.

  13. la carne dit :

    très beau billet!! je me suis retrouvée dedans totalement! mais comme vous, peut etre pour d’autres raisons, nous avons décidé d’arrêter à deux. et mon bébé va sur ses 4 ans…
    vraiment très beau billet! 🙂

  14. Beckymum dit :

    Superbe article, le plus important c’est de trouver un équilibre comme tu le dis.. Je me suis assez retrouvée dans ton billet même si ma situation est différente.. ps: trop belle sur la photo

  15. nougatine37 dit :

    Bonjour Malise, votre article résonne en moi très fort, moi qui suis l’heureuse maman d’un petit garçon qui sera mon fils unique puisque je l’ai eu à ma 2ème FIV et qu’après celle-ci j’avais passé
    l’âge pour pouvoir en entamer une nouvelle. Pour moi, c’est la loi française qui a décidé que je ne devais plus enfanter mais ce sera mon éternel regret. Moi aussi j’aurais aimé connaitre un autre
    petit bout fait de mon chéri et moi mais en plus, j’aurais tant souhaité que mon fils ait une petite soeur ou un petit frère !!! Je suis moi-même l’ainée d’une fratrie de 6 enfants et plus jeune
    j’aurais voulu avoir au moins 3 enfants. Ce ne sera pas le cas, la vie ayant fait que j’ai rencontré mon chéri tard et qu’en plus, pour lui, il a fallu un long moment avant qu’il n’admette que nous
    n’arriverions pas seuls à faire un enfant. Et j’avoue que j’ai beaucoup de mal à faire mon deuil de ce 2ème bébé d’autant que pour moi la grossesse a été une expérience extraordinaire, sentir ce
    petit être qui se construit à l’intérieur de soi et avec lequel on a cette relation très privilégiée, j’ai adoré ça ! Le temps saura nous faire admettre mais je pense que tout au fond de moi, le
    regret sera toujours là !

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *