malise
10 juillet 2014
Le deuxième enfant

Je n’ai pas oublié la Maman que j’étais pour mon 1er enfant. J’étais exclusive, excessive. En réalité, je crois bien que je n’étais plus que cela : une Maman. SA Maman. Plus rien n’existait à part ce petit bonhomme qui m’avait donné malgré lui ce que je considérais comme le rôle le plus beau et le plus important de ma vie. Je ne vivais plus que pour ses sourires, pour le serrer contre moi, pour respirer son odeur et m’en enivrer.

Sans m’en rendre compte, j’avais centré mon univers sur mon fils, au détriment de celle que j’étais. Dans mes journées de travail, seule son évocation parvenait à m’animer. Je me remémorais la mélodie de ses éclats de rire, et j’en avais des bouffées de bonheur, le coeur qui éclatait d’amour.

Malgré tout, j’étais triste, et je ne comprenais pas pourquoi. Je pleurais sans cesse, et je me disais que c’était la fatigue, le stress, la nouveauté. Que les nuits écourtées avaient raison de ma patience. Que je ne supportais pas de devoir le laisser le matin, et que cette culpabilité me rongeait. Qu’il fallait que je le laisse aux mains d’une autre pour aller passer mes journées à faire des choses qui ne me plaisaient pas, alors que je n’aspirais qu’à être avec lui.

Il était mon enfant, et sans le vouloir réellement, il était devenu ma raison d’être.

Nous avons évoqué assez rapidement l’idée d’avoir un second enfant. Loulou devait avoir à peine 9 mois je crois. Mais je l’aimais tellement, si intensément, que j’avais peur de ne pas réussir à aimer un autre enfant. Je ne voulais pas rater sa petite enfance, toutes ses 1ères fois. Je voulais être là pour lui, je me disais très égoïstement qu’il ne pourrait pas s’épanouir sans ma présence constante.

Il avait 16 mois finalement quand nous avons décidé de faire de lui un grand frère. Et cette grossesse a complètement renversé cet équilibre que j’imaginais être parfait, ainsi que je l’avais redouté.

Très vite, le Papa, qui essayait d’être présent au maximum mais auquel j’avais laissé peu de place jusque là, a du prendre mon relai sur la plupart des sujets. J’étais couchée et malade, incapable de gérer quoi que ce soit. Du jour au lendemain, c’est lui qui a été réclamé la nuit, et des hurlements m’accueillaient quand je trouvais le courage de me lever comme avant.

La relation presque fusionnelle que j’entretenais avec mon fils est alors devenue extrêmement conflictuelle. Je me suis transformée en Maman sévère, presque rigide. Intransigeante, exigeante. Je réagissais de la pire des manières à son rejet. Tout était sujet à conflit, prétexte à dispute.

Quand Loulette est née, je me suis plongée éperdument dans cette si jolie histoire à construire. Je me disais que mon Amoureux était parfait avec Loulou, qui de toute manière ne voulait pas entendre parler de moi. Et ma bébée, toute nouvelle née qu’elle était, a très vite compris qu’elle pouvait avoir mon entière attention.

Elle me passionnait, ce petit bout de femme. Elle était joyeuse, très attentive à mes réactions, à la fois sérieuse et espiègle. Son reflux, ses nuits et ses siestes inexistantes, notre allaitement, tout cela faisait que je me consacrais à elle presque comme si elle était fille unique.

Nous étions 2 couples à la maison. Les garçons et les filles. Toujours ensemble, mais chacun de son côté. Et cela ne convenait à personne.

Nous avons mis un temps infini à nous rendre compte de tout ce que je viens de vous raconter. J’avais énormément de peine à voir à quel point je ne parvenais pas à comprendre mon fils, d’être sans arrêt après lui pour de mauvaises raisons, de constater qu’il préférait quand je n’étais pas là. Et mon Amoureux souffrait que Loulette ait le même comportement à son égard.

Nous avons beaucoup discuté. Nous avons demandé de l’aide. Nous avons avancé, reculé, hésité, faibli, avancé de nouveau. Et nous avons réussi, je crois.

Voilà 3 ans tout pile aujourd’hui que Loulette a agrandi notre famille. Grâce à elle, je suis devenue une autre Maman. J’ai compris que l’on pouvait aimer aussi fort tous ses enfants, même en les aimant différemment. Elle m’a appris la patience et l’écoute, et m’a poussée à abandonner bon nombre de principes, sans même que je m’en rende compte, juste parce qu’elle sait comment s’y prendre avec moi.

Je me rends compte que je dois grandir encore, continuer à apprendre, ne pas lâcher la barre. Et jamais ne perdre de vue que pour être correctement leur Maman, il faut aussi que je ne m’oublie pas.

Très bel anniversaire mon Amour, je t’aime infiniment…

Le deuxième enfant

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Article publié dans : « Être une Maman »

26 réponses à “Le deuxième enfant”

  1. My Chuchotis dit :

    Quel joli billet! J’imagine qu’il est délicat de trouver la place de chacun…bon anniversaire à ta loulette! 🙂

    • malise dit :

      Merci ma belle! Difficile, oui, un chemin semé d’embûches, et je ne sais pas si on y parvient réellement un jour… Mais on fait tout pour en tout cas! 🙂

  2. mamandoudouce dit :

    Joyeux anniversaire Loulette!!
    Il a fallu que chacun trouve sa place. Peut-être que vous avez mis du temps mais finalement vous avez réussi et c’est ce qui compte!
    J’aime beaucoup la photo de tes enfants!
    Bisous

    • malise dit :

      Merci Mamandoudouce! Ils sont toujours collés l’un à l’autre, mais prendre ce jour de photo n’est pas si facile que ça. Elle méritait bien d’être placée ici! 😉

  3. Quel joli billet et quelle jolie photo ! Un joyeux anniversaire Loulette !
    Même si ca peut prendre du temps, le plus important c’est que vous l’ayez trouvée cette belle harmonie.

  4. Comme c’est beau l’amour d’une maman pour ses enfants, et comme vous le racontez si bien .. bravo
    j’en suis toute bouleversée mais que c’est bon 🙂

    Marie

  5. Ali Alanoix dit :

    Bon anniv Loulette ♥♥

  6. bbb's mum dit :

    bon anniversaire à ta puce !
    encore un très joli billet qui me touche ♥

  7. Magnifique ton article
    Très bon anniversaire à Loulette
    Bises

  8. alameresi dit :

    Bon anniv Loulette !

    Encore un chouette billet, tu décris parfaitement ma position avec mon premier enfant, j’étais comme toi avec Loulou !

    J’ai été moins fusionnelle avec Plumeau et là l’équilibre à 4 est trouvé même si je sais que tout peut être fragilisé!

    • malise dit :

      Oui, il y a des jours « sans » comme on dit, mais je pense que c’est normal, les enfants évoluent, nous aussi, et les marques doivent être retrouvées à chaque fois…

  9. Aloès dit :

    C’est malin, j’ai les yeux qui coulent maintenant, coquine 😉
    J’ai aussi du reconquérir mon fils, pour d’autres raisons, et c’est vrai que c’est parfois difficile de comprendre sa préférence pour l’autre parent, même si, évidemment, il a de bonnes raisons. Et pourtant, petit à petit je gravis les marches, et même que ce matin, pour une fois, il m’a accueilli au réveil avec un sourire, Yes !
    Happy 3 Loulette !!

    • malise dit :

      Merci de me dire tout ça, je me sens moins seule. Il y a eu un gros recul ce mois-ci, je ne sais pas pourquoi. J’ai suivi ton exemple pour le dessin de la colère, gros succès, mais je n’ai pas toujours la douceur suffisante pour le faire systématiquement. J’ai l’impression que la bienveillance n’est faite que pour une vie sans stress, ce qui n’est pas mon cas… 🙁

  10. Un très bon anniversaire à Loulette (anniversaire qui me rapproche à grand pas de celui de Chouquette). C’est quand même génial d’avoir ce recul sur ton histoire de maman et de te dire que tout ne fait que (re)commencer. Des bisous!

    • malise dit :

      Merci Amélie! C’est vrai que ça me fait souvent beaucoup de bien de revenir sur le passé pour voir le chemin parcouru. Ce n’est pas toujours parfait, mais je sais aussi que je suis trop exigeante… Je t’embrasse!

  11. working mum dit :

    magnifique, à faire lire à mon homme 🙂 un enfant chamboule bcp de chose mais pas en pire!!

  12. Quel bel article, très touchant je crois que le rôle de mère s’apprend constamment. Je partage ton sentiment quand j’en avais qu’un je me demandais si je pourrais aimer autant ma seconde. On les aime autant meme si ils sont différents. Très bel anniversaire

    • malise dit :

      Merci beaucoup! Ce n’est pas toujours facile d’admettre qu’on puisse les aimer différemment, mais quelque part c’est normal, ce ne sont pas des clones…

  13. Marie Kléber dit :

    Le (beau) « métier » de maman n’est pas un « métier » facile Malise. Je crois qu’il faut du temps, de la patience, écouter l’autre sans oulier de s’écouter soi^même pour avancer plus sereinement. Moi même je me pose de nombreuses questions et comme toi mes grands principes se font la malle àla vitesse grand V.
    Mais ce qui compte c’est de trouver un équilibre, celui qui convient à tous.
    Grosses bises et merci pour ce beau billet, très juste.

    • malise dit :

      Merci à toi Marie pour tes commentaires toujours très justes. C’est le temps qui fait que l’on arrive à moins s’oublier, les enfants grandissent et demandent moins d’attention. Mais la remise en question reste perpétuelle, et toujours aussi difficile à vivre…

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