malise
24 juillet 2014
Ma liberté de bloguer

Vous ne pouvez pas imaginer le soulagement que j’éprouve en ce moment à taper ces mots sur mon clavier. Quand mon billet sera fini, comme à chaque fois, je vais regarder à quoi il ressemble sur mon blog, puis je vais le publier. Des gestes tout simples pour tous ceux qui ont un blog, mais que j’ai bien cru ne plus jamais pouvoir faire ici.

Ces derniers jours, chacune de mes tentatives de connexion à mon blog se soldait immanquablement par une page blanche, ou agrémentée de quelques lignes de code indéchiffrable au milieu desquelles je ne voyais qu’une seule chose : « fatal error ».

Mon blog, comme beaucoup d’autres blogs WordPress, a été piraté en fin de semaine dernière par le biais d’un plugin appelé MailPoet que je n’avais pas mis à jour et que, pire que tout, je n’utilisais même pas n’ayant pas le temps de faire des news letters.

L’élimination des fauteurs de troubles et la restauration n’ont pas été simples, elles m’ont valu plusieurs nuits blanches, et je continue à croiser fort les doigts pour que la dernière en date tienne le coup.

Certes, j’avais une sauvegarde de mon blog, de mes textes, de mes photos. Mais j’ai réalisé que mon blog va en fait bien au-delà de l’enregistrement de mon parcours de vie depuis plus de 2 ans.

Le jour où j’ai décidé de passer de l’autre côté du miroir et de venir m’épancher sur la toile, à l’instar des dizaines de blogueuses que je suivais alors, je dois avouer que je ne me suis guère posé de questions. J’ai choisi une plate-forme, rédigé un article, cliqué sur « publié ». Je ne me rendais pas compte que je mettais le pied dans un univers que je ne connaissais pas, mais qui allait prendre de plus en plus de place. Ce jour-là, presque, j’accouchai de mon 3ème bébé.

Petit à petit, les 1ers commentaires sont arrivés, et avec eux une envie de plus en plus forte d’écrire et d’être lue. Besoin de reconnaissance ou d’une vie sociale différente, je ne sais pas, toujours est-il que je me suis prise au jeu.

J’ai commencé à attendre les réactions avec impatience. Je suis sortie de l’ombre que j’occupais en tant que lectrice et me suis mise à commenter à mon tour, car je comprenais enfin qu’un blog n’était pas un simple livre, mais des instants de vie que l’on a envie de partager. J’ai accordé d’avantage d’attention à l’apparence du blog, à la façon dont je présentais les choses et à ce que je racontais. Je me suis posé des centaines de questions sur les photos que je souhaitais ou non montrer, sur mes enfants, sur ma propre image ou ma volonté de rester un minimum anonyme. Je me suis intéressée au code, au css, au SEO. Je me suis inscrite sur les réseaux sociaux, vaste cours d’école dans laquelle tu n’es rien si tu ne connais personne.

En est ressorti du très bon, et du beaucoup moins bon. Je suis passée par des phases de boulimie, de passion excessive, pendant lesquelles je vivais, mangeais, dormais blog. Le virtuel était devenu ma réalité, au détriment de ma vie de famille. Comme si le blog, et sa « notoriété », étaient un but ultime, la seule chose qui ait un sens.

Pour avoir lu un certain nombre de billets parlant de cela, je sais que je suis loin d’être la seule à être passée par là. Bloguer est à la fois chronophage et addictif. Cela demande du temps, de la présence, de l’acharnement. Mais on ne peut pas s’en passer.

Depuis, je crois que j’ai fini par ouvrir les yeux et relativiser. La passion existe toujours, mais j’ai réalisé que ce n’est qu’un passe-temps. Un passe-temps auquel je tiens énormément. Et qui peut aussi, je l’ai découvert, servir de terrain de jeu à des personnes mal intentionnées.

Internet regorge de ce genre d’individus. Il y a ceux qui n’ont d’autre but dans la vie que de dénigrer et faire du mal, et qui passent leur temps sur les blogs et les forums à déposer des commentaires nauséabonds (plus communément appelés des « trolls », comme vous pourrez en découvrir un ici). Il y a ceux, aussi, qui volent des images voire pire, je ne vais pas m’appesantir sur le sujet tant cela me dégoûte. Il y a ceux qui voudraient bien avoir le propre blog, et qui ne trouvent rien de mieux à faire que de voler les textes des autres, sans aucun scrupule. Et il y a enfin ces hackers, qui s’amusent à trouver les failles de sécurité dans tous les sites existants, en s’entrainant en 1er lieu sur les blogs. Le mien, les vôtres. Et qui se fichent royalement de tout le mal qu’ils peuvent faire.

Je ne dirais pas que mon blog est ma vie. Mais il en fait partie, et il en est le témoin. Il m’apporte du réconfort, et du courage, par votre intermédiaire. Il m’a permis de rencontrer des personnes formidables, que je ne connais pas forcément en vrai, mais auxquelles je me suis attachée. Il me fait avancer, parce qu’il me permet de faire sortir tout ce qui me tourmente et de poser des mots dessus, que je ne saurais pas forcément exprimer oralement.

Tout cela, et bien plus encore.

Le voir touché de cette manière-là m’a affectée bien plus que je n’aurais pu l’imaginer. Ce n’est en réalité qu’un simple blog. Mais pour moi il est bien plus que cela. Alors je vais essayer de passer à autre chose, de me dire que ce n’est pas bien grave, que si le pire se produisait je reviendrais ailleurs.

Et surtout, surtout, je vais continuer à me sentir libre de bloguer!

liberté de bloguer

Allez, petit bonus parce qu’il vaut mieux en rire :

piratage-wordpress-mailpoet

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Article publié dans : « Il était une fois un blog »

18 réponses à “Ma liberté de bloguer”

  1. chocoladdict dit :

    ça fait vraiment peur et ça peut sembler naïf mais je ne comprends quel est le but de la personne qui fait ça …faut vraiment s’enquiquiner dans la vie non !
    j’espère que tout est résolu pour toi et que tu vas pouvoir bloguer en paix )

  2. Marie Kléber dit :

    Je comprends tout à fait ce lien (dont il n’est pas toujours simple de parler) qui t’unit à ton blog.
    Ca m’est arrivé une fois, ce n’est pas drôle du tout.
    A l’époque je m’étais sentie privée de quelque chose, comme si mes mots étaient désormais prisonniers de ces pirates sans coeur.
    Heureuse de te lire et comme dirait Céline « ou tu iras, j’irai ». Je te suivrai ici ou ailleurs Malise.
    Grosses bises.

  3. mamandoudouce dit :

    Je suis ravie de te retrouver et surtout que ton problème soit résolu!!
    Je ne comprends pas ceux qui font cela! Qu’est ce que ça leur apporte????
    Profites, blogues et fais toi plaisir 😉
    Bisous

  4. Ah oui je suis bien d’accord c’est un bébé mais on ne s’ en rend pas forcément compte tout de suite …. je suis bien contente que tu aies retrouvé le tient !

  5. bonjour , contente de te retrouver. Bisies.

  6. bulle dit :

    Moi aussi, j’ai été victime de ce piratage, par contre, je n’avais rien en local (youhou la bonne idée du siècle). ça ne fait pas vraiment très longtemps que je blogue mais oui, c’est devenu un besoin. Un besoin de lire les autres mais aussi un besoin d’écrire tout et n’importe quoi (bon quand même pas…). Excellent.

  7. la carne dit :

    je suis très liée à mon blog. J’angoisse parfois de le perdre, qu’on me le vole, me l’abime… et en même temps, je relativise. en tout cas j’essaye. 🙂

  8. bbb's mum dit :

    c’est exactement ça… le blog c’est notre bébé… suis bien contente de te relire ! bises

  9. Vanessa dit :

    J’ai moi-même mon blog hébergé sous WordPress et je n’ai qu’une seule trouille ces jours-ci c’est de me faire attaqué comme nombres d’entre-vous. J’ai surtout peur de ne pas savoir le remettre sur les rails ! En tout cas je partage tout à fait ton analyse sur le 3ème bébés ! Je ne peux plus m’en passer de mon petit blog :o)

  10. working mum dit :

    j’adore ton billet te je partage tes réflexions!! croisons les doigts pour que tout marche!! (je dis pas j’adore à chq com sur ton blog??? va falloir que je change!)

  11. Virginie B dit :

    continue comme tu le fais,… tu as tout bon et ton écriture est tellement agréable et libre ! bisous

  12. Canalis dit :

    C’est drôle, je ne me rappelle pas avoir eu une phase d’addiction depuis le temps que je blogue. Je me rappelle avoir eu des périodes de motivation plus ou moins grande, mais j’étais toujours trop occupée à côté pour passer trop de temps dessus.

    C’est fou que vous ayez été aussi nombreux à être piratés, heureusement que je suis sur blogger o_O

  13. Plus je te lis, plus je me trouve des points communs avec toi, c’est fou. Je me suis toujours fixé des limites pour que le blog ne prenne pas la place d’un 3ème enfant dans la famille : je crois que je n’y réussis pas trop mal mais je dois bien avouer que mon blog me fait beaucoup de bien aujourd’hui, qu’il m’apporte une reconnaissance que je ne retrouve pas dans la « vraie » vie et que je ne saurais que difficilement vivre sans lui…

  14. Karya dit :

    J’imagine l’effet que cela a pu te (vous) faire ! Heureusement, tout se finit bien !

  15. Comme je peux comprendre ton désarroi et les raisons pour lesquelles tu as écrit ce superbe article! Je fais partie comme toi de ceux et celles qui considèrent leur blog comme un troisième enfant ou bien un compagnon de route dont on ne peut plus se passer.

  16. Tu décris si bien ce lien entre toi et ton blog. Comme je te comprends. Et quel bonheur de pouvoir écrire et lire tous ces témoignages. Continue…

  17. Emily dit :

    Bonjour,

    Je fais également partie des gens qui en ont bavé à cause de Mailpoet. Je ne connais pas grand chose en informatique et les jours qui ont suivi la faille de sécurité ont été un enfer pour les nerfs. Mon site a pris beaucoup d’importance pour moi, aussi je comprends vraiment ton désarroi, et ton article me parle vraiment.

    Amitiés,

  18. MessaCaro dit :

    Bonsoir,

    Comme c’est bien écrit… et tellement vrai…
    Bravo pour cette article

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