malise
3 novembre 2014
Je ne prendrai plus le train de 8h31

Cela fait 3 semaines maintenant que je suis à la maison, et pourtant je crois que je commence tout juste à réaliser que je ne retournerai plus travailler là-bas.

La fin a été chargée en émotions négatives. Même si c’est moi qui ai pris la décision de partir, et même si je ne l’ai pas prise à la légère, j’ai accumulé tellement de rancoeur que j’ai du mal à passer à autre chose. A cause de la façon dont j’ai été traitée, à cause de leur manière d’aborder mon départ et de me pousser à bout, puis de me faire partir avant l’heure avec l’impression de ne pas terminer les choses correctement (ma remplaçante a été arrêtée 10 jours et ils m’ont demandé de ne pas être présente à son retour).

Depuis samedi, je ne suis officiellement plus salariée, et je me suis inscrite au Pôle Emploi ce matin. C’est tout nouveau pour moi. Depuis la fin de mes études, je n’avais jamais connu de période d’inactivité professionnelle, si l’on excepte mes mois de congé maternité où le canapé était mon meilleur ami, et ceux de congé parental où j’avais une petite Loulette greffée à ma poitrine.
Je ne suis pas sûre d’être tout-à-fait à l’aise avec cette idée. Lorsque j’ai croisé notre voisine (une Mamie vraiment adorable et accessoirement parfaitement informée de toutes nos allées et venues) au supermarché un matin de la semaine dernière, je lui ai dit que j’étais en vacances. Au lieu de lui dire tout simplement que je me réorientais. Mon Amoureux a beau me rappeler que c’est tout de même valorisant, il va falloir que je m’habitue au petit flottement de gêne que provoque inévitablement cette annonce…

Depuis 15 jours, je passe mes journées à essayer de comprendre, puis à apprendre les cours de biologie de 1ère et de Terminale S. Lorsque les enfants vont à l’école, je me lève pour aller les réveiller, nous prenons notre petit-déjeuner tous les 4, puis je les habille pendant que leur Papa se prépare. C’est lui qui continue à les déposer le matin, tandis que je les récupère à la garderie à 18h00. Nos habitudes n’ont pas changé. Pendant les vacances, ils sont allés à la crèche la 1ère semaine, puis chez leurs Grands-Parents la seconde. Il en ira de même aux vacances de Noël, et à celles de février. Oui, ça peut paraitre un peu vache de ne pas alléger leurs horaires, de continuer à les laisser manger à la cantine, ou de ne pas passer plus de temps avec eux. Seulement le postulat de base étant que je n’allais pas rester à la maison pour m’occuper des enfants ou de notre « foyer » (helloooo les années 50) afin de me consacrer à 100% à la préparation du concours, il était hors de question que je passe mon temps à faire des allers-retours à l’école. Bien sûr, je me sens parfois coupable de les laisser aussi tard, surtout quand on voit ce que donnent les TAP chez nous (de la garderie payante, donc), mais ce sentiment passe très très vite quand mon fils s’enfuit en courant le soir parce qu’il me voit arriver et qu’il ne veut pas partir. Ma honte devient alors inversement proportionnelle à leur ingratitude, c’est ce qu’on appelle du donnant-donnant! 😉

Avant d’être à la maison, j’avais imaginé un programme type de mes journées. Un maximum de révisions, certes, mais aussi un peu de temps pour lire, bloguer, aller courir, cuisiner, faire du ménage. Ne pas tomber dans le « travers » de la vie domestique, mais continuer à avoir mes journées pour moi comme si je n’étais pas à la maison.

Quelle gageur! La réalité est bien entendu toute autre, et je suis sûre que toutes les Mamans qui se sont mises à leur compte et qui travaillent de chez elles ne me contrediront pas.

Le temps file à une allure folle. J’ai à peine le temps de me retourner qu’il me faut déjà aller récupérer les enfants. Parce qu’on ne peut pas, enfin, je ne peux pas, être chez soi et ne pas débarrasser la table du petit-déjeuner. Ou laisser la vaisselle dans l’évier. Ou ne pas lancer une machine, puis l’étendre. Ou regarder les moutons de poussière dans le blanc des yeux toute la journée.
Parce que ohhh tiens, si j’allais lire mes mails. Et Hellocoton aussi. Et Facebook. Tiens, si j’appelais ma Belle-Soeur, et mon Père, et telle ou telle copine. Si j’allais courir à 16h00, juste à temps pour aller chercher les enfants. Ohhh, le beau ciel bleu, si je prenais une photo…

Bref, les tentations sont grandes, nombreuses. Et tout ce que l’on faisait pourtant aussi pendant nos heures de travail n’a plus du tout la même résonance à la maison. Avant je m’occupais, maintenant je gâche mon temps.

Alors, si j’ai bien conscience de la chance que j’ai de pouvoir rester chez moi afin de me préparer au mieux, je sais aussi qu’il ne faut que je tombe dans le piège de me croire en vacances juste parce que je n’ai plus à courir pour ne pas rater ce satané train.

Mais quoi qu’il en soit, rien ne me fera regretter ma décision de prendre un nouveau départ. Parce que je n’ai plus la boule au ventre. Parce que je suis reposée et presque toujours zen. Parce que j’aime ce que je suis en train de faire et ce à quoi je me destine.

Non, je ne regrette rien!

Changer de vie

P.S.1 : Pour celles qui m’ont posé la question et qui ne me suivent pas sur Instagram où j’en ai parlé, j’ai donc décidé de quitter mon travail pour me présenter au concours d’entrée à l’école de psychomoticiens. Un vrai changement pas vrai? 😀

P.S.2 : On ne dirait pas hein, mais ceci est un message subliminal pour vous dire que vous pouvez me retrouver beaucoup plus régulièrement sur Instagram, si vous ne le saviez pas déjà.

P.S.3 : Des bisous. Je vais essayer de revenir plus souvent. Promis!

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Article publié dans : « Vis ma vie »

41 réponses à “Je ne prendrai plus le train de 8h31”

  1. Et bien si tout ça nous permet de te lire plus souvent tant mieux 😉 Bravo pour avoir eu le courage de tout envoyer paître pour te réaliser !

    • malise dit :

      Merci beaucoup Fred! Tu sais je crois que de toute manière j’aurais fini en dépression si je n’étais pas partie! Quand on voit la place que prend le boulot dans notre vie, et comment ça peut déraper très vite, je me dis qu’il faut vraiment relativiser!

  2. Eclectik Girl dit :

    le changement de rythme est radical, et forcement, ca demande un temps d’adaptation.

    Par contre, c’est a ce moment là qu’on ressent le poids inconscient de la pression sociale, sous entendue ou non … la peur du regard des autres, peur du jugement de ceux qui considèrent les sans-emploi-fixe comme des inactifs parasite …

    bref, je pars sur un autre débat, mais je suis sure que tu as pris la bonne décision, celle qui te convient et te permettra de t’épanouir réellement

    • malise dit :

      Merci pour ton message! Ce que tu décris est exactement ce que je ressens. Même si tu étudies, même si tu t’occupes de tes enfants, le simple fait de rester chez toi veut dire pour certains qu’en réalité tu es inactif et que tu profites de la société. Le pire c’est que je ressens ça alors que je n’en suis qu’à quelques semaines. J’imagine d’ici plusieurs mois! :/

  3. ladypirate dit :

    Hello !
    J’ai suivi tes aventures mais n’ai pas eu l’occasion de te féliciter pour cette décision. Quel courage !
    Bravo, et je suis sure que passées les premières semaines de flottement, tu vas trouver ton rythme !
    bises

    • malise dit :

      Merci beaucoup pour tes encouragements! C’est vrai que c’est encore tout neuf! Il faudrait quand même que je songe à m’enfermer dans une pièce sans fenêtres! 😉

  4. Marie Kléber dit :

    Pas facile de retrouver son rythme. On croit qu’on aura le temps pour faire plein de choses et on se rend vite compte que le temps est limité Malise.
    Pour tes enfants, autant qu’ils gardent le même rythme, ils y sont habitués. Parce qu’au fond tu as quitté ton poste pour reprendre des études, travailler…
    Contente de te lire à nouveau et bon courage pour le coucours, je trouve en effet que c’est un beau et courageux projet, sois en fière!

    • malise dit :

      Merci beaucoup Marie, beaucoup! Nous n’avons encore rien dit aux enfants. Je sais, ce n’est pas bien, mais les connaissant je n’ai pas envie que ce soit la crise chaque matin pour ne pas aller à l’école et rester avec moi…

  5. Marie mon-nid dit :

    Je suis ravie que tu te sentes plus épanouie dans cette nouvelle orientation professionnelle ! Et en attendant de pouvoir te réaliser pleinement, je te souhaite tout plein de courage pour la préparation de ce concours (et tout plein de courage pour le retour sur les bancs de l’école qui va suivre…) !

    • malise dit :

      Ah ah, merci!!!! Pour l’instant la perspective de retourner sur les bancs de l’école est très loin, mais c’est vrai que ça na va pas être simple!

  6. Mezémamalo dit :

    je suis heureuse pour toi !!! des bisous !!

  7. Ne t’en veux pas pour avoir répondu que tu étais en vacances. Il s’agit peut-être simplement d’un simple réflexe de protection, c’est tout. Et ce n’est pas plus mal. Tu as le droit de parler ou de ne pas parler de ta réorientation en fonction de la personne en face de toi.
    Tu as fait un choix courageux et passionnant en même temps. Il est certain que ce nouveau rythme chez toi demande à être apprivoisé. cela peut prendre quelques semaines. Mais cela va se faire. Tout doucement.
    Et prends soin de toi, surtout !
    Allez, doigts croisés pour la suite.
    Bises & bonne soirée.

    • malise dit :

      Tu as raison! C’est fou comme on peut se dire que ce que pense les autres n’a pas d’importance, et agir tout autrement… C’est pourtant un choix assumé! 🙂 Merci en tout cas chère Nathalie!

  8. bbb's mum dit :

    quel beau métier tu as choisi là ! bravo <3

  9. Psychomotricienne a été mon premier métier… mais que je n’ai jamais exercé :-(. En effet, à cette époque (en 1984) peu de postes de psychomotriciens se créaient et être à mon compte était impossible (surtout avec le fait que les séances n’étaient pas remboursées par la sécu, comme maintenant encore). Je me suis orientée autrement, je ne regrette presque pas :).. si parfois, je le regrette, mais voilà trop longtemps que j’ai passé ce diplôme et je ne pourrais pas exercer.. je t’admire. Plein de courage pour cela! Il y a toujours un concours à la fin de la 1ere année?

    • malise dit :

      Oh ça alors! Je n’imaginais pas que cela pouvait être aussi difficile il y a quelques années. Non pas que cela le soit moins aujourd’hui, mais on va dire que le métier est peut-être plus reconnu… Tu fais quelque chose de totalement différent maintenant?
      Non, il n’y a pas de concours une fois entré dans l’école, mais c’est ce fameux concours d’entrée qui est particulièrement difficile, avec un numerus closus de dingue. Beaucoup de candidats et peu d’élus, mais qui ne tente rien n’a rien pas vrai? En tout cas je suis tombée amoureuse de ce métier que je ne connaissais pas lorsque j’ai fait les enquêtes métier pour mon bilan de compétences!

  10. mubu dit :

    Contente de te lire à nouveau et bon courage pour le concours, je trouve en effet que c’est un beau projet et un beau métier, moi je n’ai pas encore franchi ce pas!

  11. sysyinthecity dit :

    c’est important de se sentir mieux dans sa vie, et je te dis un grand bravo pour ta formation !

  12. Nous sommes synchrones <3 Tu as toute ma solidarité ! Et tu as eu RAISON (et ton projet est ultra chouette)

  13. Jean dit :

    C’est un article très émouvant. Je vous souhaite bonne chance dans votre nouveau métier. Jean

  14. Ptisa dit :

    j’avais raté ce post, je ne suis pas abonnée chez toi, où ai-je la tête ? je te félicite encore pour ton choix et je te souhaite beaucoup de courage, tu as tout pour réussir dans ton projet !

  15. Ali Alanoix dit :

    Courage ma poulette ! C’est vrai qu’à la maison on a toujours envie de ne rien faire ou de tout faire :-p
    Laisser les petits à l’école, c’est un bon choix 🙂 Les miens veulent toujours rester jusqu’au bout quand j’arrive. Maintenant, je n arrive pas trop en avance sauf quand je sais qu’ils sont vraiment crevés.
    La biologie de Terminale, c’est loin 🙂

    • malise dit :

      Pour moi la bio c’est tout nouveau, j’ai fait un bac éco, alors autant te dire que c’est même plus que loin! :p
      J’ai décidé de ne rien faire à la maison, mais le temps passe toujours aussi vite… Et pourtant je ne traîne presque pas sur internet! 😉

  16. mamandoudouce dit :

    Tu as raison de ne pas regretter d’avoir voulu changer et quitter cette entreprise qui te donnait la boule au ventre!
    Pour le rythme, je ne m’inquiète pas, tu vas le trouver. C’est normal que ce soit encore un peu brouillon.
    Bonnes révisions 😉
    Je t’embrasse!

    • malise dit :

      Merci Mamandoudouce, je suis à fond à fond! Les semaines défilent, je n’en reviens pas! Je suis encore plus occupée qu’au boulot, c’est un comble! 😉

  17. Delphine dit :

    Bonjour Malise,

    Je trouve ça génial!! Tu n’as aucune honte ni gêne à éprouver par rapport à ce super projet! Ton amoureux a tout à fait raison: c’est très valorisant et très courageux de quitter une situation inconfortable – mais connue – pour plonger dans un terrain incertain et totalement inconnu. Je suis sûre que tu fais plusieurs admiratives et envieuses…dont moi. Mais bon, j’aime (encore) mon boulot. Mais c’est drôle car figure toi que pas plus tard qu’hier soir, je discutais avec une copines des reconversions professionnelles dans notre entourage et dans notre tranche d’âge (30-40 pour faire large 🙂 ). Moi je trouve ça super car comme tu dis, le boulot prend une place tellement importante qu’au bout d’un moment, si tu ne sais plus dire stop et profiter des bons moments, c’est mal parti. On a qu’une vie après tout 🙂 Et en plus tu n’as pas choisi la facilité ni la paresse car étudier quand on n’a plus 20 ans c’est pas facile et rêvasser chez soi c’est tentant, donc tout ça demande de la rigueur et de la discipline. Ne sois pas trop dure avec toi, « chôme » un petit peu pour mieux repartir boostée après!! Ici, visiblement on te soutient toutes à 300%!!
    Et puis pour tes petits, tu as bien raison de ne pas changer leurs habitudes. Mieux vaut qu’ils aient leurs repères et toi, du temps pour profiter et bosser au calme.

    Ps: comme tu sais, je lis consciencieusement tes articles et je voulais te demander comment 2 ans après, se passaient vos nuits…rassure moi rassure moi 🙂

    A bientôt,

    Delphine

    • malise dit :

      Bonjour Delphine, merci infiniment pour ton message si plein de compassion! Merci pour tes encouragements!
      Je vais te rassurer un peu j’espère à propos des nuits : oui, un jour ils ne se réveillent plus, et alors là quel bonheur! Bon moi j’ai été tellement traumatisée par Loulette que le moindre bruit me tire de mon sommeil le coeur battant, mais au moins je peux rester couchée! Sois patiente, elle est toute petite ta puce! 😀

  18. Karya dit :

    Tu as tout mon soutien et toute mon admiration ! Bises.

  19. Psychomotricienne ! Voilà un métier d’avenir (j’en connais un rayon sur la question, comme tu le sais peut-être, mon Grand ayant déjà effectué bilans et des dizaines de séances…), il n’y en a pas beaucoup, selon les villes, et les besoins se font grandissant, si on en croit les profs et les psychologues scolaires (oups, pas frapper !)

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