malise
25 juin 2015
La photo un peu floue

Je ne compte plus le nombre de photos que j’ai de mes enfants. Des milliers, peut-être même des dizaines de milliers, depuis 2009. Avant d’avoir un smartphone, je prenais des clichés avec notre réflexe numérique. Sans être particulièrement travaillés, ce sont plus souvent de jolis portraits que des instantanés de vie, pas facile de dégainer le réflexe rangé dans le placard juste parfaitement au bon moment. Nous nous disons régulièrement qu’il faudrait faire le tri, supprimer les photos qui ne sont pas assez nettes, celles qui ont été prises en rafale, celles qui n’ont pas un grand intérêt, ou celles qui se ressemblent beaucoup trop (la 50ème photo de Loulette en train de sucer son pouce!). Mais pour une raison inexplicable, si ce n’est peut-être par un trop grand sentimentalisme, je ne peux pas me résoudre à le faire. Parce que son sourire ce jour-là est tellement magnifique que j’adore le voir sur la série de photos, même si elles n’ont pas de différences flagrantes. Parce que ce moment-là état tellement chouette que je ne veux pas en faire disparaître une miette. Parce que son attitude, là, sur cette image tremblante, elle est tellement drôle, on ne va pas la jeter quand même!

Je suis beaucoup moins attachée aux photos que je prends avec mon téléphone. Ce ne sont pour le coup que des reflets du quotidien, des moments bien peu extraordinaires au premier abord. Juste leurs pitreries pendant les repas, leurs rituels de jeux, leurs airs gourmands ou passionnés. Je supprime sans état d’âme celles qui sont floues, celles où ils ne sont pas à leur avantage (en n’oubliant cependant pas d’en épargner certaines pour les fameux « dossiers », les photos un peu honteuses), celles où on ne les voit pas vraiment que j’utilise ici ou sur Instagram.

Mais il arrive parfois qu’une de ces photos, même imparfaite, même prise à la va-vite, me touche en plein coeur. Un instant volé au passage, qui ne réclamait pas forcément de témoins. Parce qu’elle représente juste exactement la relation que nous avons avec nos enfants.

Nous cherchons chaque jour à nous améliorer dans notre rôle de parents. Il y a des orages et pas mal de coups de tonnerre au milieu de tant de si jolis moments. Nous nous énervons (bien trop) souvent pour des broutilles finalement. Mais il y a une chose pour laquelle nous sommes constants tous les 2, et vraiment peu avares : ce sont nos démonstrations d’amour. Il ne se passe pas une journée sans que nous les câlinions, pas une heure sans que nous les embrassions, pas une soirée sans que nous leur disions à quel point nous les aimons.

La psychologue de Loulou, me trouvant bien désemparée face à ses expressions de colère, m’a dit l’autre jour que le plus important pour lui n’était pas forcément que nous cherchions à le calmer, mais que nous continuions à lui montrer notre amour sans faillir. Parce c’est comme un cercle vicieux. Si un petit garçon en colère se fait gronder, il peut imaginer qu’on ne l’aime plus. Et en être tellement triste que ça le met en colère…

Alors je sais que nous faisons ce qu’il faut. Nous ne sommes pas toujours les parents que nous aimerions être, mais nos enfants grandissent en se sachant aimés.

Et c’est bien là le principal, pas vrai?

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Article publié dans : « De tout et de rien au quotidien »

16 réponses à “La photo un peu floue”

  1. Madame Sioux dit :

    Bah dis donc, tu en trouves du temps pour publier toi en ce moment, je t’envie ! Ou alors faudrait juste que je le prenne, je sais pas…

    Et puis tu m’as mis les larmes aux yeux. Grandir en se sachant aimé, quoiqu’il arrive et quoique l’on fasse, c’est bien la seule base nécessaire, ce dont tous les enfants devraient être sûrs pour pousser sereinement.
    Nos enfants ont au moins cette chance-là (et plein d’autres aussi, je pense), ce départ positif dans la vie 🙂

    • malise dit :

      J’ai pas mal de temps tu sais… Bon en réalité je le prends sur d’autres choses qui devraient avoir la priorité, mais je me dis que ce sera beaucoup plus compliqué à partir de septembre, alors j’en profite!

  2. Aloès dit :

    Oui c’est bien là le principal ! On ne peut pas être tout le temps au top, mais leur rappeler qu’on les aime même quand on est fâché, même quand on ne se comprend pas, même quand on n’arrive pas à communiquer, c’est rassurant, pour eux comme pour nous 😉
    Des bisous

  3. MARIE KLEBER dit :

    Souvent ce ne sont pas les photos très travaillées qui sont les plus belles. Parfois moi aussi je perds mes moyens devant des colères sans précédent. Mais je crois que dire et redire à nos enfants que nous les aimons c’est leur offrir de bonnes bases pour la suite, pour leur vie.
    Bises à vous tous

    • malise dit :

      En tout cas les photos prises sur le vif ont souvent ce petit truc en plus, on voit les gens comme ils sont dans leur quotidien, et non pas dans un sourire figé… Enfin sauf pour moi, j’ai toujours une tête terrible sur ce genre de photos! 😉

  4. Delphine dit :

    Eh bien tu sais quoi? C’est ce que je me dis tout le temps quand je suis mal et que je culpabilise parce que « j’ai du » me fâcher encore une fois. J’essaye mais bon on se comprend 🙂 Alors un énorme câlin pour le rassurer et faire le pleins d’endorphines 🙂 en lui expliquant pourquoi je me suis énervée. Qu’ils sachent qu’on les aime, c’en est même VITAL!
    Elle est magnifique ta photo, j’adore!!

  5. Alice dit :

    hO la la oui !
    Ma mère accuse (gentiment) le fait que nous les aimions trop, et que du coup on se sente submergés (de tendresse, d’émotion, de stress, de colère…)

    • malise dit :

      Je crois que c’est exactement la même chose chez nous! On est aussi très souvent dans le « trop », que ce soit pour des émotions positives ou négatives… Enfin, pour les positives, on n’en fait jamais trop en réalité! 😉

  6. Comme toi, je n’arrive pas à supprimer des photos d’elles!
    Ces petits instants du quotidien, on s’en rappelle parfois quelques années après à la vue des photos.
    Et tu as raison. Le plus important, c’est l’amour et la tendresse, ça aide les enfants à grandir, et les adultes à rester un peu des enfants 🙂

    • malise dit :

      C’est très joli ce que tu dis, je n’avais pas pensé au fat que les câliner nous permettait aussi de redevenir un peu enfants. C’est très vrai, et qu’est-ce que c’est agréable!

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